Et les enseignant·e·s ?

Frédérique Steiger

Histoire de notre école (VI) : Il a fallu attendre 1900 pour que la formation s’ouvre aux femmes.

On a vu comment, tout au long du 19e siècle, des efforts considérables ont été déployés pour organiser l’instruction obligatoire. Mais quand les lois, les bâtiments scolaires et les élèves furent bien alignés, on s’aperçut qu’un élément capital faisait défaut : le corps enseignant. Jusqu’ici, s’il fallait bien obtenir un brevet pour enseigner, il n’existait aucune formation pour s’y préparer, bien que des écoles normales (nom donné à la formation pédagogique) aient existé dès le 18e siècle en Suisse allemande. 

C’est pour remédier à cette importante lacune que fut créée en 1876 la section pédagogique du Gymnase, accessible dans un premier temps aux seuls garçons. On se rendit compte ensuite que les connaissances générales ne suffisaient pas, encore fallait -il savoir les transmettre aux élèves. L’école normale supérieure, créée en 1905, instaura deux ans d’études supplémentaires pour permettre au futur personnel enseignant d’acquérir une certaine expérience pédagogique, cette formation étant enfin accessible aux jeunes filles.

 

Chassées par le mariage

Les enseignants neuchâtelois n’avaient pas attendu la création de l’école normale pour se préoccuper de pédagogie. En 1860, ils rejoignirent la Société des instituteurs de Suisse romande afin d’échanger leurs expériences (cette société ne fut ouverte aux femmes qu’en 1900).

Les institutrices étaient obligées de quitter leurs fonctions dès qu’elles se mariaient, afin de consacrer tout leur temps à leurs propres enfants. Mais dans les années 1950, la pénurie d’enseignants fut telle qu’il fallut rappeler les retraitées et les institutrices mariées. Et heureusement, en 1962, une loi donne à ces dernières le droit de continuer à enseigner, même si l’égalité salariale ne leur a été accordée qu’en 1977 grâce à Suzanne Loup (voir Le Ô du 30 septembre dernier).

Une institutrice retraitée au secours de la pénurie d’enseigant.es en 1955 (collection particulière)
Une institutrice retraitée au secours de la pénurie d’enseigant.es en 1955 (collection particulière)

Découvrez nos autres articles

Etudiant à l’ECAL, il réalise 20300 BLUES dans sa ville. Un décor à ciel ouvert. Notre ville et son urbanisme horloger offrent des scènes