Pour son 50e, le Serei s’offre PYM et Barrigue

Anthony Picard

Afficionados, amis, bénéficiaires, curieux et camarades syndicalistes, ils sont 120 à s’être donné rendez-vous au Club 44 pour écouter Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, invité pour les 50 ans du Serei. Pour l’accompagner dans son propos sur les assurances sociales, Thierry Barrigue a régalé la galerie par ses coups de crayon à la Piem.

Questionnée sur le choix de l’orateur, la directrice Nathalie Christe, déclare : « Avec sa personnalité et ses expériences, Monsieur Maillard est le meilleur ». Institution privée d’utilité publique, le Serei vit du produit de ses services, de dons et de la subvention du canton. Elle emploie 20 salariés à La Chaux-de-Fonds et Bassecourt et focalise son action sur la vente de moyens auxiliaires et le conseil juridique au citoyen confronté à des difficultés avec les assurances sociales.

 

Opposé à la retraite des femmes à 65 ans

« Les 800 millions que rapporterait un oui le 25 septembre sont faciles à trouver rien qu’en comblant les disparités salariales entre femmes et hommes ». Si cette mesure est trop lente à produire ses fruits, une cotisation supplémentaire aux assurances sociales d’une fraction de pourcent est aussi envisageable. Pierre-Yves Maillard d’inciter le public à glisser un non dans les urnes, s’offusquant au passage des déclarations d’ex-membres du Conseil Fédéral. « Lorsque j’entends l’ex-conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf se mêler au débat en parlant d’émancipation de la femme dans le fait de travailler jusqu’à 65 ans, je dis halte à la propagande de cette ex-politicienne qui s’est retirée à 59 ans et qui touche une confortable rente de CHF 220’000.– à vie ».

Pour le syndicaliste vaudois, le néo-libéralisme a tout foutu par terre. Diminuer les impôts a pour conséquence de manquer de moyens pour préparer l’avenir. C’est ce type de comportement qui nous amène dans des situations extrêmes comme celle de la crise énergétique que nous traversons. « On savait notre dépendance face à l’étranger et pourtant depuis les années 1970, l’Etat n’a pas pu, faute de choix politique, investir dans les énergies propres ».

Le conférencier de rappeler que pour atteindre l’équilibre des finances et permettre à l’Etat de fonctionner, il faut non seulement de beaux projets mais les moyens financiers pour les réaliser. « Ce n’est pas en diminuant les impôts que les projets se font ».

 

Equilibre, mode d’emploi

Pour équilibrer les comptes des assurances sociales, assurer nos rentes sans obérer les acquis sociaux, il faut revoir le financement, particulièrement les montants cotisés par les plus riches. Un exemple, celui des primes d’assurance maladie. « Lorsque j’occupais le fauteuil de chef de la santé, nous avons engagé au CHUV un médecin payé CHF 400’000.- par an.  Dans une conversation quelque temps plus tard, il m’a dit son heureuse surprise de ne payer que CHF 450.- par mois de prime maladie alors qu’en France, la retenue est fonction du salaire ». Dans notre pays, on fait tout pour avantager les plus riches, pour preuve l’objet du 25 septembre qui ferait perdre jusqu’à 800 millions de recettes fiscales si les obligations suisses n’étaient plus soumises à l’impôt anticipé.

 

Vivre avec les réalités démographiques

Statistiques à l’appui, le discours du camarade Maillard commence par de savants commentaires sur la pyramide des âges. Mortalité infantile, augmentation sans fin des naissances, vieillissement de la population, travail des femmes, poste à plein temps, interprétation du nombre de travailleur, tout y passe pour montrer que malgré une courbe pas trop flatteuse du cinquantenaire bedonnant, seul le ratio « montants cotisés / rentes versées » est important. « On nous sert depuis 20 ans la mort de l’AVS alors que la caisse vient d’engranger un solide bénéfice en 2021 ». PYM de souligner que le nombre réduit de cotisants ne signifie pas la faillite de l’AVS. « Avant de toucher aux acquis comme celui de l’âge de la retraite des femmes puis des hommes, d’autres leviers sont à disposition pour assurer nos retraites ». L’enseignant de rappeler qu’à sa création en 1947, il y avait en Suisse 6,5 cotisants pour 1 rentier ; aujourd’hui 3 actifs pour 1 rentier. « Dans les années 60, au cours de ses révisions successives pour améliorer les rentes, le relèvement des taux n’a jamais soulevé de grands débats ; il y a donc de la marge ».

Pierre-Yves Maillard, en héraut de la gauche (dessin de Barrigue), a convaincu l’assistance. (Photo : ap-Le Ô et Barrigue)
Pierre-Yves Maillard, en héraut de la gauche (dessin de Barrigue), a convaincu l’assistance. (Photo : ap-Le Ô et Barrigue)

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