Le Pod, mais pas de statue à son effigie

Giovanni Sammali

Léopold Robert a son avenue et la jeune paysanne du début de l’avenue sort d’un de ses tableaux. Mais lui, sera-t-il statufié un jour ?

En lisant Le Ô du 28 octobre, Mireille Grojean-Robert a eu un choc. Suite à la série sur la toponymie, elle nous avait adressé copie du courrier du Conseil communal de 1862 annonçant que la Grand’Rue allait devenir l’avenue Léopold-Robert. Notre article notait que le célèbre peintre chaux-de-fonnier n’a jamais vu s’ériger la statue promise à l’époque pour honorer sa mémoire. Sa descendante a cru du coup que la jeune paysanne qui fait face à la Grande Fontaine avait été déboulonnée… Elle est même allée vérifier qu’elle soit toujours en place !. 

Posée en 1935, cette statue de Léon Perrin lui a été inspirée par une toile de Léopold Robert représentant le printemps. Le socle de cette œuvre comporte bien le profil du peintre. Mais celui-ci n’a nulle part dans la ville un buste ou une statue de lui, par exemple devant son chevalet.

Claire Bärtschi-Flohr s’est aussi émue que la statue de Perrin n’ait pas été évoquée. Elle note que le sculpteur, mandaté par la Ville, a préféré prendre ce modèle dans un tableau du maître, trouvant « moins intéressant de réaliser une statue du peintre lui-même », précise cette lectrice.

Si Mireille Grosjean-Robert n’est pas heurtée que son aïeul n’ait pas une statue à son effigie, elle est intriguée. La question de savoir si les Autorités ont adhéré à ce choix de Léon Perrin, ou si elles ont cédé à un caprice de l’artiste, lui apparait ainsi « comme une énigme qui mériterait d’être creusée par des historiens ».

Le texte des Autorités de l’époque ne précisait pas la nature du monument à venir, mais l’emphase était là: « Elle [La Chaux-de-Fonds] voudrait faire davantage pour lui témoigner toutes ses sympathies, et les Conseils de la Municipalité ne perdent pas l’espoir qu’un monument s’élèvera plus tard en mémoire de ce beau talent, de ce grand génie qui a tant fait pour l’illustration de son pays ».

Mireille Grosjean-Robert, notant que la dynastie Robert compte à ce jour 12 peintres, voit avec plaisir le portrait de son ancêtre lorsqu’elle se rend à l’hôpital : son portrait figure en effet avec celui de Le Corbusier au 3e étage du bâtiment.

Pour une statue à son effigie dans la ville, peu d’espoir. Le Ô se plait à publier la photo de cette statuette montrant Léopold Robert, assis sur une colonne tronquée, accompagné de son matériel d’artiste. Signée Lévêque, intitulée « Léopold Robert/à Rome », elle fait partie des collections du Musée de la vie romantique à Paris.

La jeune paysanne. Sur le socle, le profil de Léopold Robert. Léon Perrin ayant préféré s’inspirer d’un tableau du maître plutôt que de le statufier. Et Léopold Robert à Rome : statuette de Lévêque montrant le peintre et son matériel (Photos : gs et Musée de la vie romantique)
La jeune paysanne. Sur le socle, le profil de Léopold Robert. Léon Perrin ayant préféré s’inspirer d’un tableau du maître plutôt que de le statufier. Et Léopold Robert à Rome : statuette de Lévêque montrant le peintre et son matériel (Photos : gs et Musée de la vie romantique)

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Etudiant à l’ECAL, il réalise 20300 BLUES dans sa ville. Un décor à ciel ouvert. Notre ville et son urbanisme horloger offrent des scènes