Départ laborieux

Jean-Pierre Molliet *

Si le barrage du Chatelot m’était conté (X)

Les moyens dont disposaient les constructeurs expliquent la lente et laborieuse mise en place du chantier lancé au milieu du 20e siècle. Plus de deux mois ont passé avant qu’arrive une troisième pelle mécanique. Il a fallu autant de temps pour planter les poteaux acheminant lumière et téléphone. Idem pour l’eau, acheminée par barils pendant des semaines de tergiversations et au final pompée du Doubs dans un réservoir muni d’un système de filtrage. Des voix s’étonnèrent que cette solution ait été adoptée si tard.

Le gros œuvre de l’automne 1950 : creusage d’une galerie de dérivation offrant un nouveau lit à la rivière. Des gabions (cages métalliques remplies de pierres) sont dispersés pour obliger le Doubs à prendre un autre passage. Ce tunnel de 7 m de profondeur avance de 5 m par jour.

La retenue de CHF 5.- sur le dernier salaire de septembre pour le jeton numéroté délivré à chaque travailleur provoque de la contestation. Le calme revient dès confirmation que cette caution sera restituée au départ du travailleur. Le jeton (rond pour les équipes françaises, carré pour les Suisses) doit être porté sur le chantier, ou placé au tableau de la cantine au numéro correspondant.

Une inspection du service de l’hygiène débouche sur la création d’un nouveau dortoir: l’ancien imposant à quatre hommes de dormir dans une pièce contenant de l’air pour trois…

Prochain épisode : des prescriptions spéciales concernant les ouvriers célibataires.

 

*Ancien journaliste au Matin, J.-P. Molliet a vécu de 3 à 14 ans au Saut-du-Doubs. Il partage dans cette série l’album souvenir de son père, garde-frontière, à l’époque du chantier.

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Etudiant à l’ECAL, il réalise 20300 BLUES dans sa ville. Un décor à ciel ouvert. Notre ville et son urbanisme horloger offrent des scènes