Photos du barrage : leur auteur enfin identifié !

Giovanni Sammali

Notre série sur Le Châtelot permet au DAV d’élucider l’énigme du photographe inconnu! Villers-le-Lac veut ses images pour la fête du 70e.

L’album photo que Jean Molliet a constitué au fil du chantier du barrage du Châtelot est une mine d’or. Depuis ses premiers numéros, Le Ô est heureux de faire profiter ses lecteur-trices des épisodes que retrace Jean-Pierre Molliet, fils du garde-frontière et observateur privilégié de la construction de l’ouvrage. Cette série suscite un grand intérêt : outre-Doubs, les articles ont été repérés sur internet par l’équipe préparant pour 2023 le 70e de l’ouvrage. Côté suisse, les archivistes du Département audiovisuel de la Bibliothèque de la Ville se sont aussi manifestés pour obtenir copie de ces images et… élucider l’énigme des photos à l’auteur inconnu.

« Nous avons dans les archives RERO près de 200 images de la construction et nous n’avions jamais pu établir qui en étaient les auteurs. La ressemblance avec celles que Jean-Pierre Molliet publie dans vos colonnes nous a intrigués », raconte Gilles Taillard, en charge des fonds photographiques du DAV. Le Ô lui a envoyé une des pages de l’album des Molliet. Et la réponse a fusé : ce sont les mêmes photos ! « Nous allons pouvoir signer ces images », se réjouit Gilles Taillard, désormais en contact avec notre chroniqueur, auquel il a écrit : « Ce n’est pas tous les jours que ces petits miracles arrivent… ». Le nom de Jean Molliet ne figurait nulle-part dans l’album de la Société des Forces motrices du Châtelot. « Nous allons donc pouvoir compléter ces notices RERO avec cette information importante, merci à vous ! »

Autre retombée heureuse, Thierry Munier, du club patrimoine de la Maison de la jeunesse et de la culture de Villers-le-Lac (F), est venu dans les locaux du Ô, rue du parc 65, rencontrer Jean-Pierre Molliet. « Pour l’exposition que nous préparons pour les 70 ans du barrage en 2023, nous souhaitons reproduire des parties de l’album et demander à M. Molliet de donner une conférence pour raconter ses souvenirs du travail d’observation réalisé par son paternel ».

L’intéressé est ravi du succès de cette série. « Ces notes et ces photos sont restées longtemps dans l’oubli. Cette série que j’ai proposée au Ô  est intéressante en regard de la crise énergétique actuelle mais aussi pour la valeur historique de ce témoignage, comme sur les moyens dérisoires des débuts du chantier, et sa part d’amateurisme. Il a fallu élargir la route pour des véhicules dont on avait sous-estimé les dimensions ».

Il y a aussi une certaine émotion pour cet ancien journaliste du Matin. « A quasi chacun de ces photos, j’étais à côté de mon père. Quand je les vois, le film de mon enfance tourne dans ma tête. A l’époque, je profitais de la présence des ingénieurs et du staff qui occupaient le restaurant du Saut du Doubs : ils m’embarquaient pour me monter à l’école aux Brenets ou me ramener ! ».

Vous aimez cette série ? Réjouissez-vous : « Il y a encore beaucoup à raconter. L’accident, le mort, la dimension touristique… ». Au bas mot encore une dizaine d’épisodes.

 

 

Un film et des questions

Le documentaire du duo chaux-de-fonnier Amandine Kolly et Marcel Schiess, projeté en avril et juin dans le Jura, en Suisse et à Morteau, a fait partout salle comble. Les barrages passionnent. Et les problématiques énergétiques actuelles soulignent l’enjeu que représentent ces ouvrages. Thierry Grosjean, ancien conseiller d’État et président des Forces motrices du Châtelot a ainsi mis en évidence l’importance des échéances imminentes (Le Ô du 8 avril 2022) : « Les concessions des trois barrages de la Goule, du Châtelot et du Refrain arrive à terme respectivement en 2024, 2028 et 2032. Qui utilisera ensuite cette force hydraulique? ». L’ancien conseiller d’Etat avait souligné la « responsabilité sociétale » en la matière : « pas question de laisser s’échapper nos acquis à des sociétés de l’autre bout du monde. Il faut conserver nos ouvrages ! ». (jpm/gs)

Les palplanches enfoncées à une profondeur de 2 mètres. Comme les gabions, elles serviront, à détourner le Doubs vers la galerie de dérivation (photo Jean Molliet)
Jean-Pierre Molliet va mettre à disposition de Thierry Munier, de Villers-le-Lac,  les photos de son père pour une expo sur les 70 ans du barrage franco-suisse (photo gs).
Jean-Pierre Molliet va mettre à disposition de Thierry Munier, de Villers-le-Lac, les photos de son père pour une expo sur les 70 ans du barrage franco-suisse (photo gs).

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Etudiant à l’ECAL, il réalise 20300 BLUES dans sa ville. Un décor à ciel ouvert. Notre ville et son urbanisme horloger offrent des scènes