Célibat sous surveillance

Jean-Pierre Molliet

« Si le barrage du Châtelot m’était conté » (XIe).

Au début de l’automne 1950,  le perçage du tunnel de dérivation avance trop lentement par rapport au programme établi.

A peine plus de la moitié est creusée, soit 90 mètres  sur les 160 de longueur totale. Ce retard est dû à la force des explosions qui ne peut être exploitée pleinement, le rocher présentant des fissures qu’il est nécessaire de colmater.

Le 5 octobre paraît l’avis de chantier no 10. Il indique : « Suivant les prescriptions de la police cantonale neuchâteloise, les ouvriers célibataires sont obligés de déposer leurs papiers d’origine à notre Bureau de chantier, aux soins de la commune des Planchettes, dans le délai de 4 jours dès leur entrée dans l’entreprise. Ceux qui ne donnent pas suite à cette prescription risquent d’être punis d’une amende ». Cette directive trouve son origine dans la volonté des autorités à mettre en garde les ouvriers célibataires que les auteurs de tout comportement répréhensible seront poursuivis.

Une controverse se fait jour entre Suisses et Français au sujet du mesurage entre le Châtelot et la chute du Saut-du-Doubs. Les repères fixes situés en Suisse au Belvédère de la chute et en France sur un grand  rocher en face de la chute font mention d’une différence de 80 centimètres. Un écart identique apparaît dans les calculs des ingénieurs français et suisses sur l’ensemble du futur lac d’accumulation. Avec pour conséquence une chute de 27 mètres qui se trouverait raccourcie de ces 80 cm. Une équipe mixte, franco-suisse, est constituée pour élucider ce mystère.

Le 13 octobre, trois mois et demi après le début des travaux,  le magasinier du chantier M.  Galle, estime la valeur du matériel réuni sur place. Et il y en a pour une valeur de quelque 2,5 millions de francs. Une somme énorme pour l’époque, à la hauteur de ce chantier titanesque.

 

Une photo spectaculaire de l’entrée de la galerie de dérivation, dont le percement avançait trop lentement… (Photo : Jean-Pierre Molliet)
Une photo spectaculaire de l’entrée de la galerie de dérivation, dont le percement avançait trop lentement… (Photo : Jean-Pierre Molliet)

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