« Je jubile de jouer cette Revue chez moi dans le Haut ! »

Giovanni Sammali

Enfant du Locle, Jacques Mooser est ravi de charrier sa commune natale sur une scène des Montagnes ! Première ce soir au Théâtre des Abeilles.

Tombé dans le théâtre à 43 ans, il n’a plus quitté la scène depuis. Vous l’avez sans doute vu aussi dans la caravane du Tour de Romandie, un de ses dadas, où il sévit comme humoriste et bénévole, « pour l’extraordinaire ambiance de cet événement qui fédère tous les Romands ». Dès ce soir, vous pourrez le voir dans la Revue neuchâteloise sur la scène du Théâtre des Abeilles, avec David Charles et sa joyeuse équipe, « qui nous a fait oublier la fatigue dans le marathon des répétitions », glisse le septuagénaire (si ! si !). Rencontre avec Jacques Mooser, enfant du Locle, et fier de l’être, qui ne boude pas son bonheur de venir charier sa commune natale sur une scène du Haut !

 

– Jacques Mooser, un Montagnon ?

– Et comment : je suis né au Locle, à côté de l’hôpital, entre Zenith et Huguenin Frères ! J’y ai vécu jusqu’à 12 ans. Que des bons souvenirs. Le Locle était si vivant, son industrie florissante. On avait le GP du Locle, le tremplin de la Combe-Girard, avec les plus grands champions. Puis ma famille est partie à Bienne. C’était la tendance : les marques de Granges et Soleure débauchaient les horlogers des Montagnes.

 

– Comédien depuis toujours ?

– Pas du tout ! J’ai fait un apprentissage en mécanique horlogère. Puis j’ai entre autres créé la première fabrique de panneaux solaires photovoltaïques à Gland. Puis, je me suis établi à Servion, par hasard. Il y avait un théâtre. J’ai demandé à passer une audition en 1988, chez Barnabé. Sans réponse. Mais neuf mois plus tard, Barnabé m’a croisé au bistrot et m’a dit « Venez dimanche après-midi ». Je me suis retrouvé face à des comédiens romands confirmés qui répétaient La visite de la vieille dame. Celui qui jouait le 4e homme venait de faire un burn-out. On m’a mis son texte dans les mains. J’ai eu le rôle et je ne suis plus descendu de scène de ma vie ! J’avais 43 ans.

 

– A 77 ans, qu’est-ce qui vous fait encore courir?

– La peur de l’immobilisme, mais surtout le bonheur d’apprendre des textes, les jouer, partager les émotions du public. J’aime aussi écrire des sketches (réd. : pas pour cette revue, accaparé qu’il était à jouer aussi dans celle de Thierrens). Il y a quinze ans, j’ai rédigé et joué un récit humoristique pour une soirée du groupe PX, pour Pierre-Olivier Chave, un homme fantastique qui m’a hypnotisé ! Quel souvenir.

– Pourquoi voir cette revue ?

– Parce qu’on s’y amuse et y rit. Et parce qu’on y charrie Le Locle ! J’ai d’autant plus de plaisir à jouer à La Chaux-de-Fonds ! J’ai lu que Genève était la ville la plus dangereuse pour les piétons. Donc la Mère Commune est la plus sûre : les piétons y vont plus vite que les voitures.

 

– Votre sketch préféré ?

– La séance des deux conseillers communaux qui veulent ramener Le Locle dans le trio de tête cantonal. La chute, c’est qu’on devrait peut-être fusionner… avec La Tène !

 

– Un mot sur David Charles?

– Un hyper actif. Bon danseur, bon chanteur. Un bonheur de travailler avec un type pareil. Mais aussi avec toutes les personnes exceptionnelles de cette équipe (réd : il les cite toutes !). On a une ambiance plus que favorable et ça se sent : l’affluence a été excellente à Neuchâtel.

 

– Votre espoir à La Tchaux ?

– Avec l’article que vous êtes en train de faire, on va refuser du monde aux quatre représentations !

 

www.revue-neuchateloise.ch

 

« Jacques est un phénomène »

David Haeberli, alias David Charles, a relancé la Revue après… un pari avec Jacques Mooser. « Je regrettais en 2019 que Neuchâtel n’ait plus la sienne. Il m’a dit fais-là. J’ai dit chiche et on s’est serré la main ». Et le directeur artistique du spectacle de saluer le « phénomène » qu’est le Loclois. « Je ne sais pas à quoi il carbure, mais quelle forme il tient. Il est Monsieur Revue de Suisse romande : Il a joué plusieurs centaines de représentations ! Notre super ambiance, on la doit beaucoup à lui ».

Jacques Mooser, David Charles et Jessie Kobel en trio du banc. Les autres acteurs sont Jenny Laurent Karim Kherdouci, Stéphanie Kohler, et Karine Martin. (Photo : sp-Revue Neuchâteloise)
Jacques Mooser, David Charles et Jessie Kobel en trio du banc. Les autres acteurs sont Jenny Laurent Karim Kherdouci, Stéphanie Kohler, et Karine Martin. (Photo : sp-Revue Neuchâteloise)

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