TPR : un boycott choque

Giovanni Sammali

Des élèves ont mal vécu Le Grand Cahier. la direction du CPNE annule un autre spectacle. Réaction d’Anne Bisang.

« C’est violent. Unilatéral et surtout, décidé avant toute discussion. » Anne Bisang, en répétition pour une création à Genève, subit avec le Théâtre populaire romand un boycott qui en choque plus d’un-e. Jusqu’au Grand Conseil, avec une interpellation urgente mercredi sur la « censure » d’un spectacle par le Centre de formation professionnelle (CPNE). Explications.

L’an dernier, certains des 50 élèves ont mal vécu Le Grand Cahier de Valentin Rossier, spectacle que leur école avait retenu parmi les propositions du TPR. « Nous n’imaginions pas qu’aucune clé aurait été donnée à ce jeune public, d’autant qu’Agota Kristof est neuchâteloise, son texte mondialement connu », note Anne Bisang.

Un clic sur le site de l’institution permettait aussi de lire un résumé de trois lignes prévenant une « onde de choc garantie ».

Le député chaux-de-fonnier Armin Kapetanovic, un des 18 signataires de l’interpellation de Garance La Fata, regrette une telle annulation. « C’est problématique. Quand on sait que le Centre n’a plus qu’une commission culturelle centralisée à Neuchâtel, on peut déplorer un manque de sensibilité régionale. Ce boycott-sanction est inique en soi ».

Injuste, dit Anne Bisang. La directrice artistique apprécie d’avoir pu rencontrer la direction – « même si elle n’a pas infléchi sa décision, elle est au moins revenue sur son propos de ne plus considérer à l’avenir nos spectacles » -, mais regrette amèrement que Quête, qui plus est de la Chaux-de-Fonnière Juliette Vernerey, prévu le 10 février soit pénalisé.

« Priver 200 élèves de ce moment, c’est vraiment triste. D’autant que le CPNE ne conteste pas avoir méjugé la nécessaire préparation de ses élèves, note Anne Bisang. Pour rappel, Valentin Rossier ne fait que dire des mots de l’auteure, seul au micro. Ce spectacle ne comporte aucune scène visuelle scabreuse ».

Et maintenant ? Un dédommagement de 2’000.- (le coût de la représentation dû à la compagnie), a été demandé au CPNE. « Et nous sommes à disposition de son groupe culture, et restons très attentifs à sa composition », note Anne Bisang, qui a été un peu réconfortée de savoir qu’à l’interne, fronde il y a eu, avec une lettre de profs indignés.

Anne Bisang (photo : Guillaume Perret)
Anne Bisang (photo : Guillaume Perret)

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