« On devrait pouvoir jouer comme les garçons ! »

Myriam Wittwer

A l’aube de ses 16 ans, l’internationale Melissa Capezzali a déjà de quoi en inspirer plus d’une

L’avenir du hockey sur glace s’annonce radieux à La Chaux-de-Fonds. Le HCC cartonne en Swiss League et la relève assure. Au milieu des joueurs, une joueuse sort du lot : Melissa Capezzali a commencé l’année 2023 sous le maillot des équipes nationales U16 et U18.

La ferveur des play-off n’a pas contaminé uniquement le vestiaire de la première équipe du HC La Chaux-de-Fonds. Du côté des juniors, l’effervescence est aussi à son comble, à l’image de l’équipe U15-top, qui a terminé première du groupe romand et s’apprête à se battre pour une promotion en élite. Pour Melissa Capezzali, la saison a déjà été riche en émotions. En plus du championnat régulier, la défenseuse a participé aux championnats du monde féminin U18 à Östersund en Suède, et aux Jeux olympiques européens de la jeunesse à Spittal en Autriche.

La hockeyeuse a chaussé ses patins à quatre ans déjà. A l’inverse d’autres clubs, le HCC ne lui a pas mis de pression pour devenir gardienne, elle a choisi de devenir attaquante, puis défenseuse : « J’aime le fait de devoir défendre. Je préfère empêcher les adversaires de marquer que de scorer moi-même ».

 

Sans contact

Après onze ans à ne jouer qu’avec des garçons, Melissa a rejoint les rangs des équipes nationales féminines U18 et U16. Une transition qui a demandé des ajustements. « Les contacts physiques sont interdits dans les tournois féminins, contrairement au championnat masculin U15. Du coup, le jeu est plus basé sur la technique et la vitesse», explique celle qui porte le numéro 14 au HCC. « Cette différence de règlement a été instaurée pour nous protéger, » ajoute-t-elle, « mais je ne pense pas que ce soit essentiel. Le hockey est un sport de contact, les filles devraient pouvoir y jouer de la même manière que les garçons. »

À bientôt 16 ans, l’internationale pense à son avenir. Elle espère jouer avec les U17 chaux-de-fonniers tout en continuant le lycée. Une double vie qui demande des sacrifices. « La direction du lycée est très compréhensive, mais il faut aussi parfois travailler plus tard le soir ou très tôt le matin pour pouvoir tout gérer ». Le hockey est sa seule vie sociale : « Je n’ai pas le temps pour autre chose », rigole-t-elle. Et difficile de rêver d’une carrière professionnelle, contrairement à ses coéquipiers masculins. N’empêche : « Je veux aller le plus loin possible, et peut-être jouer à l’étranger. Vivre du hockey, ce serait incroyable, mais pas sans une autre formation, par sécurité. »

 

Ces femmes qui font rêver

Des joueuses qu’elle admire ? Kendall Coyne et Alina Müller. La première, double médaillée d’or olympique et six fois championne du monde avec les États-Unis, a joué deux fois dans le célèbre All Star Game de NHL. La seconde a été médaillée de bronze aux JO de Sotchi à 15 ans. « Savoir ce que ces femmes ont accompli, ça nous ouvre des portes. Si elles l’ont fait, c’est que c’est possible », glisse Melissa. « C’est important d’avoir ce genre de modèle », ajoute-t-elle. En se souvenant aussi de l’attrait qu’exerçait le HCC féminin sur la petite fille qu’elle était.

Melissa n’est pas la seule Capezzali dont on risque de parler : sa sœur Martina, 10 ans, suit ses traces. « Je suis très fière d’elle et j’adorerais jouer à ses côtés. » Et l’adolescente de lancer un appel à toutes celles qui hésitent, mais n’osent pas. « Lancez-vous ! » dit-elle, « ce n’est pas du tout un sport de garçons et vous en êtes capables. Allez au bout de vos rêves ». Message transmis.

Née le 21 mai 2007, Melissa Capezzali a déjà joué aux Mondiaux U18 (Suède) et aux JO de la jeunesse (Autriche). (Photos : IIHF / YD)
Née le 21 mai 2007, Melissa Capezzali a déjà joué aux Mondiaux U18 (Suède) et aux JO de la jeunesse (Autriche). (Photos : IIHF / YD)

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