Le marché immobilier chaux-de-fonnier prend de la hauteur

Joyce Joliat

Prix bas, nouvelles constructions, rénovations, ligne directe,… la Ville connait un nouveau souffle

La 11e édition du Salon Immobilier Neuchâtelois (SINE) est de retour. Du 19 au 23 avril, il mettra à l’honneur l’immobilier du canton aux patinoires du Littoral. L’occasion de faire un tour d’horizon du parc immobilier chaux-de-Fonnier. Un marché promis à un avenir radieux, comme le titrait Valère Gogniat, responsable éditorial des forums et évènements du Temps, dans Le Ô du 17 mars. Des prix particulièrement bas du mètre carré, une ligne directe prévue pour 2035, un projet de contournement H18, un climat frais des étés à 1000m ou encore la riche offre culturelle et sociale. De quoi donner, ou redonner, à la Métropole horlogère son attractivité en matière de logements.

Un dynamisme qui semble déjà en marche : le taux de logement vacants dans la Métropole horlogère s’est même abaissé à 3.91% en 2022, contre 4.22% en 2021, selon des données calculées le 1er juin de chaque année. Une diminution qui concerne aussi le parc immobilier en main de la Ville, descendu à 2.74% (3.89% en 2021). Et ce malgré les 152 nouveaux logements qui ont vu le jour entre 2021 et 2022. Et la tendance ne semble pas s’essouffler : « Le rythme de construction reste soutenu. Plusieurs projets immobiliers sont en cours d’élaboration et d’autres sont actuellement en construction. Il s’agit d’appartements pour de la location, répartis sur l’ensemble du territoire chaux-de-fonnier, et de PPE, ce qui renforce l’attractivité de la ville », se réjouit Théo Huguenin-Elie, conseiller communal en charge du Dicastère de l’urbanisme et des bâtiments.

Une attractivité qui passe aussi par le prix des logements. La propriété est non seulement plus accessible à La Chaux-de-Fonds que dans d’autres régions romandes, comme le rappelait Valère Gogniat. Et le prix des logements en location est aussi plus bas. Pour un 3 pièces, par exemple, le loyer mensuel moyen (sans charges) se chiffre à 863 francs, tandis qu’à Neuchâtel, il grimpe à 1’136 francs. Un 5 pièces, dans la capitale des Montagnes coutera même 549 francs de moins (statistique cantonale calculée sur la base des logements vacants au 1er juin 2022). Plus surprenant, les charges sont plus faibles dans le Haut que dans le Bas, malgré les hivers rudes à 1000 mètres.

 

La ligne directe, la promesse d’un boom immobilier ?

A l’horizon 2035, une nouvelle ligne ferroviaire reliant La Chaux-de-Fonds à Neuchâtel en un quart d’heure verra le jour. Pour Théo Huguenin-Elie, c’est la promesse d’un nouveau dynamise pour la région qui resurgit assurément sur l’intérêt des investisseurs pour le marché immobilier de la Métropole horlogère. « La liaison directe est souvent évoquée par les acteurs immobiliers comme un nouvel atout pour la ville. Il renforce aussi son attrait. ».

 

 

Rénover pour mieux consommer

Le nombre important d’immeubles anciens est une des particularités de la Métropole horlogère. Parfois mal isolés, la rénovation de ces derniers soulève une problématique à part entière. « L’amélioration énergétique des bâtiments est bien souvent au centre des préoccupations des investisseurs », souligne Théo Huguenin-Elie. « Le changement des fenêtres est souvent la première marche pour isoler un bâtiment (voir Le Ô du 6 avril), s’ensuit le plancher des caves et/ou, des combles ». Une forme d’isolation qui ne s’adapte toutefois pas à toute forme de bâtiments, notamment quand on pense à ceux inscrits au patrimoine. « On préférera pour ces constructions une technique de flocage des murs par l’intérieur ».

L’élu ajoute que « l’’inscription à l’UNESCO n’a aucune conséquence sur les projets de rénovation, de démolition ou de construction. » Ce qui serait contraignant ? Le Plan et règlement d’aménagement communal, et plus particulièrement le Plan de zone et les règles constructives, ainsi que le Plan de site. Ces projets doivent en outre répondre à la législation cantonale et fédérale, aux nombreuses normes en vigueur, et satisfaire aux exigences de  l’Inventaire fédéral de sites construits d’importance nationale en Suisse à protéger (ISOS). UNESCO ou pas, l’entreprise ne semble donc pas simple…

La préoccupation environnementale et énergétique se fait aussi ressentir à travers les installations photovoltaïques, qui d’après le conseiller communal, sont en forte augmentation.  « La possibilité de pouvoir auto-consommer est également un moteur important du développement des installations. »

 

 

Des ascenseurs poussent comme des champignon

Immeubles anciens, bâtiments protégés, manque de surface,… le parc immobilier de la ville ne possède que très peu d’ascenseurs. Selon les estimations, 90% des immeubles n’en sont, aujourd’hui, pas équipés. Ils sont même, à quelques exceptions près, absents de tout le périmètre UNESCO, selon la gérance communale. Une embuche pour les gérances : « Sur un marché où les locataires ont parfois le choix du logement qu’ils désirent occuper, les « 4ème étage » sans ascenseur ont plus de peine à trouver preneur », note Théo Huguenin-Elie.

Si la pose d’un ascenseur en façade est, dans certains cas, envisageable, comme c’est le cas pour des immeubles de l’avenue des Forges, cette solution est soumise à de nombreuses contraintes. « Ces ascenseurs permettent souvent d’accéder uniquement à un demi-niveau du logement. De plus, il est parfois compliqué de ne pas obstruer la porte d’entrée. A cela s’ajoute d’éventuels cautèles en lien avec la protection du patrimoine. »

Reste l’implantation d’un ascenseur au fonds de la cage d’escalier. Le conseiller communal note toutefois que cette technique est très coûteuse et réduit les surfaces des appartements, ce qui peut rendre des pièces inutilisables.

Une installation qui est donc techniquement possible, et comme le conclu l’élu : « Peut être intéressante pour l’attractivité du bâtiment. Elle permet aussi de répercuter une partie de l’investissement au travers d’une hausse de loyer. »

 

 

Le SINE : une rencontre vers l’immobilier

Du 19 au 23 avril, le Salon de l’Immobilier neuchâtelois s’installe aux patinoires du Littoral. Pour sa 11e édition, une centaine d’exposants seront au rendez-vous. Parmi eux, des professionnels actifs dans l’immobilier et des prestataires de services. Ouvert à toutes et tous, le SINE vise à créer un point de rencontre entre les acteurs du domaine et tous ceux qui souhaitent construire, rénover, ou se renseigner sur l’immobilier.

S’étendant sur une surface de 5’500m2, il propose aussi un Forum accueillant des conférences professionnelles. Des thèmes comme « les tendances 2023 du marché immobilier » ou « éléments naturels : comment protéger nos bâtiments » seront notamment abordés. Des démonstrations sont aussi prévues à la Place du village Viteos, se concentrant sur des conseils pratiques et applicables au quotidien.

Infos : www.sine.ch

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