Le service des automobiles (SCAN)

Anthony Picard

Une pépite à plusieurs millions dans les comptes de l’Etat

Sous la conduite de l’ex-chef François Beljean, homme de bon sens aux idées novatrices qui a notamment œuvré pour l’autonomie du service et sa centralisation à Malvilliers, le service des automobiles est devenu autonome le 1er janvier 2009. Sous la coupe du Conseil d’Etat qui a délégué Laurent Favre (DDTE) comme ministre de tutelle, l’établissement autonome de droit public est régi sur la base d’un mandat de prestations, renouvelé chaque 4 ans. Le Conseil d’administration assure les tâches stratégiques du service tandis que la conduite opérationnelle est confiée au directeur.

Rencontre avec Philippe Burri, ingénieur de formation, engagé au service des autos depuis 2002, promu au rang de directeur en 2012 après le passage express de Philippe Kuster nommé en avril 2010.

 

– Le SCAN fait le beurre de l’État, une fierté pour son directeur ?

– Ma fierté c’est de faire le beurre des utilisateurs. D’être devenus autonomes, nous a boosté et a favorisé la créativité, ce qui se ressent pour les usagers qui ont vu le prix de nos prestations baisser. Au niveau suisse, nous sommes dans la moyenne des émoluments, ce qui est une bonne nouvelle pour le citoyen.

 

– Le SCAN verse-t-il de l’argent dans les caisses de l’Etat ?

– Oui. Dans le cas du guichet unique, prestation de haute qualité qui permet depuis 2005 d’accéder à des prestations de qualité, nous travaillons et développons conjointement avec le SIEN des prestations novatrices. Grace à cet outil, l’utilisateur accède en quelques clics à une variété unique de prestations à distance. Conséquence, certaines prestations sont de plus en plus utilisées par les cantons limitrophes dont celui de Berne.

 

– Plate-forme informatique au goût du jour, certifications, prévention, combien et comment le SCAN investit par an ?

– Nous investissons CHF 600’000.- par an dans les technologies de l’information (IT). Cet argent permet dans notre secteur de multiplier par 5 l’efficience de chaque franc investit. Les certifications, garantes d’un fonctionnement mesurable et certifié du service, ne représente qu’une dépense de CHF 6’000.- par an. Enfin, la prévention est financée par la vente aux enchères des plaques d’immatriculation.

 

– A l’heure de la vignette numérique, le SCAN ira-t-il plus loin dans la digitalisation ?

– Associés au niveau suisse, les services des automobiles sont inclus au projet de la Confédération de digitaliser tous les permis et tous les documents d’identité. Le but est d’utiliser une identité électronique fédérale sur les mêmes bases que les papiers d’identité physiques. Connu sous « e-ID », le projet permettra, dès 2025, à chaque citoyen de disposer de sa SwissWallet. En qualité de partenaires au projet, les services des automobiles devraient proposer un permis d’élève conducteur numérique en 2024 déjà.

 

– Comment la prévention est-elle organisée?

– La prévention fait partie des tâches assignées par le Conseil d’Etat. D’entente avec la Police, nous axons nos efforts pour une route plus sûre.

 

– En 2022, un film réalisé par une classe IMD de l’EAA met en garde les jeunes sur la consommation de drogues avant de prendre le volant, opération unique ?

– Cette collaboration s’inscrit dans le cadre de nos actions préventives. Parmi les plus efficaces, les cours de sensibilisation pour motards et conducteurs de 4 roues (cours TCS, Pro Senectute, école Jacques Cornu, …) pour lesquels un montant de CHF 120.- est accordé par le SCAN. Un autre axe de prévention est notre participation aux coûts des transports nocturnes lors de manifestations importantes (FDV, Braderie, Promo, etc..) ou notre soutien financier à la Police pour les cours donnés aux étudiants du secondaires II.

 

– Alcool, drogue, vitesse, inattention, comment éviter ces fléaux ?

– Ça n’a pas changé ; il y a la prévention et la répression ; nous faisons les deux. Côté répression, je suis conscient qu’avec les bases légales actuelles, notamment avec Via Sicura, nos sanctions peuvent avoir de lourdes conséquences sur la vie des conducteurs. Côté prévention, le fait d’éduquer les usagers portent ses fruits mais il restera toujours d’irréductibles « fous du volant » qui voient la route comme un grand terrain de jeu. Je trouve très importante la formation continue obligatoire en deux phases avec des mises en situation de perte de maîtrise sur des pistes aménagées.

 

– Plus de 4’000 bateaux, comment ça marche?

– C’est techniquement proche des voitures pour l’immatriculation, les permis et les expertises sauf que nos équipes se déplacent à l’endroit d’amarrage. Il faut compter 30 minutes en moyenne mais en fonction de la grandeur du bateau, bien davantage ; le prix payé est calculé en fonction de la taille et du type de motorisation. L’aspect environnement est aussi important que la sécurité (ndlr : les moteurs à deux temps sont interdits sur les lacs suisses depuis le 1er janvier 2018).

 

 

Philippe Burri

 

– Quel moyen de transport utilisez-vous?

– Une Hyundai électrique pour me rendre au travail et les transports publics pour mes déplacements professionnels.

 

– Combien de véhicules possède votre famille ?

– Trois véhicules dont deux électriques. Si ce moteur lève encore quelques oppositions, la complexité du moteur à combustion, ses émissions polluantes et son rendement faible incitent à l’électrique. Regardez, depuis 50 ans, on circule à Zermatt avec des véhicules à batterie. Signe des temps, le CSEM planche sur la batterie du futur et ses composants.

 

– Avez-vous déjà subi un retrait de permis?

– Non

 

– Une marque de voiture de prédilection?

– Non

 

– Comment réagissez-vous au comportement irascible de certains automobilistes ?

– Tantôt « agressé », tantôt « agresseur », le droit sur la circulation routière précise bien qu’il faut savoir se maîtriser au volant même en cas de difficultés de circulation. Le SCAN demande régulièrement des expertises auprès de psychologues du trafic pour déterminer l’aptitude à la conduite.

 

– Femme, garante d’une meilleure sécurité volant ?

– C’est vrai, notamment parce le genre féminin utilise la voiture pour se déplacer et n’en fait pas, sauf exception, un objet passionnel.

 

– Pour ou contre le permis provisoire dès 17 ans ?

– Favorable, pour autant que les élèves avalent au minimum 3’000 km en conduite accompagnée.

 

– Quel métier rêviez-vous d’exercer ?

– Sans doute parce que mes parents avaient leur garage à Rochefort, j’ai toujours été attiré par l’automobile.

 

– Votre plat préféré ?

– En entrée, une salade de doucette aux lardons suivie d’un foie de veau accompagné de röstis.

 

 

Les enchères des plaques

Le 22 décembre 2022, le numéro « BL 49» a été vendu pour CHF 526’000 francs. Le record précédent était détenu par « ZG 10» achetée aux enchères en février 2018 pour CHF 233’000 francs. On connaissait aussi le record valaisan de CHF 160’000.- payé en 2017 pour « VS 1 » qui avait effacé les CHF 135’000.- payés en 2013 pour un jeu de plaques dans le canton de St-Gall. Dans notre canton, les ventes rapportent environ CHF 200’000.- par an avec une moyenne par numéro se situant sous les CHF 2’000.- Le record pour un numéro à deux chiffres remonte à 2014 avec une enchère à CHF 40’500.- Philippe Burri fait état de plusieurs types de clients dont ceux passionnés de numérologie. Questionné sur le prix du jeu de plaques pour un bus chaux-de-fonnier (les trois derniers chiffres sont ceux de la ligne de bus), TransN débourse CHF 100.-, cinquante francs de plus que le prix standard.

Au cœur d'un nœud autoroutier en étoile, le SCAN précurseur d'autres centres cantonaux de l’État? (Photo : sp)
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