Phobie or not phobie

Vincent Kohler

Phallocratophobe, poutinophobe, metooophobe, démocratophobe, amourophobe, femmophobe, cuissedegrenouillophobe, voiturequipèteophobe, cyclistophobe, écolophobe, poilophobe, grandcapitalophobe, pédophobe, grand-mèrophobe, politicophobe, connarophobe, véganophobe, mangeduporcophobe, chômeurophobe, kassosophobe, teslaophobe…

Voici un florilège de nouveaux mots qui risquent bien de faire leur entrée fracassante dans le Panthéon de la dicophilie à moins que d’ici-là, les dicophobes et rouquinophobes de tous bords n’aient brûlé sur la grand place, Le Larousse, à trop de mots les grands remèdes. 

Aimez-vous les uns, les autres mais surtout Moi ! Entre cet amour irrépressible, absolu, aveugle pour sa petite personne, sa jolie gueule, ses plaques de chocolat, son nombril, sa p’tite bite, il y a son pendant : la haine du différent, la jalousie du mieux, le rejet de tout ce qui peut mettre en danger mon grand vide intérieur. Ma sacrosainte supériorité, l’absence du doute, la certitude du juste. L’autre est tout sauf moi, donc pas grand-chose, un sujet facile à détester donc. 

Comme disait ma grand-mère qui est tenancière du Fucking Macumba Blueboy de Cormoret, et qui continue, malgré son grand âge et sa petite retraite, de travailler pour arrondir sa fin de Moi : 

« Être soi-même, c’est accepter l’inconnu ». Elle dit toujours : « Quand un inconnu vous offre des fleurs, dites-lui merci. Plutôt que : « J’ai le rhume des foins ! » Ou encore : « Espèce de harceleur ! Assassin ! Tueur de marguerites ! » L’égo de l’homme et de la femme sont égaux. Voilà qui est encourageant… 

Pour ma part, je déteste les gens qui ont des phobies. Je suis ouvertement phobophobe et je l’assume totalement. 

 

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