Desarbres et la Tchaux : le souvenir d’une forêt perdue

Joyce Joliat

De grands dessins d’une forêt disparue, dont on tente de se souvenir. L’expo de Jeanne Waltz revêt un écho particulier dans la ville dévastée.

« C’est une forêt recréée par quelqu’un qui voudrait s’en souvenir au temps où il n’y en aurait plus. » Tels sont les mots de la réalisatrice et scénariste suisse Jeanne Waltz pour décrire son exposition Desarbres, qui occupe depuis hier le Temple Allemand, jusqu’au 10 septembre (excepté le lundi 4 et le mardi 5 septembre). L’installation comporte une vingtaine de dessins d’arbres, dessinés à l’encre de Chine. Mesurant entre 5 et 7 mètres, les longs papiers sont suspendus de manière à recréer une forêt qui n’existe plus, dans laquelle le public peut se promener.

« Je parlais plus aux arbres qu’aux gens ! »

« Ces dessins suspendus ne touchent pas le sol, et ont donc leur point d’accroche, leurs racines, dans le ciel », précise la réalisatrice. « On peut les voir comme des fantômes d’arbres. Ils se balancent dans une ambiance sonore où les voix des bêtes sauvages, leurs bruits, leurs pas, sont humains eux aussi. »

Fruit du hasard, Desarbres résonne avec l’actualité et les préoccupations de La Chaux-de-Fonds, encore meurtrie par la perte d’une grande partie de ses arbres, déracinés suite à la tempête du 24 juillet. « Une inquiétude et une tristesse de la même nature, liées à la perte des forêts du monde, imprègnent ce travail auquel je pense depuis longtemps. Mais quand la tempête frappe près de chez soi, les dégâts deviennent affaire personnelle. »

Voir les fleuves s’assécher et même disparaître me terrifie.

Connue pour ses réalisations cinématographiques, telles que son long-métrage Pas Douce tourné dans La Métropole Horlogère, Jeanne Waltz commence à dessiner des sapins après avoir observé la hausse notoire de la sécheresse dans le Jura. « J’ai grandi dans la forêt. Quand j’étais gamine, je parlais plus aux arbres qu’aux gens. Voir les fleuves s’assécher et même disparaître me terrifie. » Au-delà d’un message précis, Desarbres exprime diverses impressions. « Cela mêle le plaisir aux arbres et l’anxiété devant le futur, la colère contre notre inertie et la nécessité d’une part de paix et de légèreté pour ne pas sortir écrasé d’avoir imaginé le deuil de l’après-catastrophe. »

Infos : abc-culture.ch
Entrée libre

Une totale coïncidence.

« En programmant Desarbres, on ne pensait pas que ça résonnerait de cette manière avec l’actualité chaux-de-fonnière », souligne Yvan Cuche, codirecteur du centre culturel ABC. « La culture se doit de toucher aux sujets récents, qui font débat. Ici, c’est une totale coïncidence. » Un hasard qui suggère une réception particulière de cette exposition, pour celles et ceux qui ont été témoins des dégâts végétaux provoqués par la tempête. « C’est étonnant d’observer cette forêt suspendue, après avoir vu tous ces arbres couchés. »

Le public est invité à déambuler dans cette forêt dessinée. (Photo comm)
Le public est invité à déambuler dans cette forêt dessinée. (Photo comm)

Une totale coïncidence.

« En programmant Desarbres, on ne pensait pas que ça résonnerait de cette manière avec l’actualité chaux-de-fonnière », souligne Yvan Cuche, codirecteur du centre culturel ABC. « La culture se doit de toucher aux sujets récents, qui font débat. Ici, c’est une totale coïncidence. » Un hasard qui suggère une réception particulière de cette exposition, pour celles et ceux qui ont été témoins des dégâts végétaux provoqués par la tempête. « C’est étonnant d’observer cette forêt suspendue, après avoir vu tous ces arbres couchés. »

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