L’organisme souffle ses 50 bougies avec un livre signé Pierre-Yves Donzé, mettant à l’honneur la chronométrie
La chronométrie ? Une histoire peu connue qui mérite de se faire entendre. Le Contrôle officiel Suisse des Chronomètres (COSC) a célébré mercredi 13 septembre son 50e anniversaire dans les locaux du Club 44. Basé à La Chaux-de-Fonds, cet organisme fait partie des institutions horlogères les plus reconnues en Suisse. Sa mission : s’assurer qu’une montre soit à la bonne heure, à la seconde près. Il mesure et contrôle la précision des mouvements horlogers des montres confiées par le fabricant afin de décerner le titre officiel de « Chronomètre certifié ».
Cette qualification permet en premier lieu de certifier la précision des différents instruments horlogers puis de les démarquer de leurs concurrents. Le COSC, qui a ainsi certifié « plus de deux millions de pièces par an à ce jour », dispose de trois bureaux d’observation, au Locle, à Bienne et à Saint-Imier. Conscient de l’évolution exponentielle il affirme que l’attractivité autour des montres traditionnelles suisses reste de mise chez les jeunes. Le COSC est donc prêt à se tourner vers l’avenir.
Pour fêter son demi-siècle, au Club 44, son président Nico de Rooij, le président du Conseil communal chauxois Jean-Daniel Jeanneret ainsi que le président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse Jean-Daniel Pasche se sont exprimés. La soirée de mercredi dernier a aussi été marquée par le vernissage de l’ouvrage Histoire sociale et économique de la chronométrie, rédigée par l’historien et professeur Pierre-Yves Donzé. À la demande du COSC, il a pu accéder aux archives pour retracer l’histoire du COSC. Portrait de l’auteur chaux-de-Fonnier, résidant à Osaka :
– Comment avez-vous vécu la soirée ?
– J’étais très content de ren-contrer des personnalités du monde horloger, actives dans diverses entreprises. Ce sont des moments uniques et très sympathiques que j’apprécie. Je retrouve aussi d’anciens amis que je n’ai pas revus depuis un certain temps, donc il y a le côté convivial et networking qui est aussi présent. Tout le monde se réjouit de voir comment l’ouvrage a été fait.
– Votre passion d’écrire ?
– J’ai eu la chance, durant mes années 1990 à l’UniNE, d’être documentaliste au Musée international d’horlogerie (MIH). C’est là que j’ai commencé à connaître et à beaucoup apprécier cette industrie. Depuis, je n’ai pas cessé de rechercher, d’écrire et de me passionner pour l’horlogerie.
– Pourquoi être parti à Osaka ?
– Après ma période à Neuchâtel, j’ai trouvé des emplois au Japon que je ne pouvais pas trouver en Suisse. Petit à petit, je me suis installé là-bas, mais toujours en gardant un pied en Suisse.
– Comment est né ce livre ?
– Le COSC m’a demandé d’écrire ce livre pour conter l’histoire économique de la chronométrie de ses origines à nos jours. J’ai accepté ce défi parce que j’aime bien les challenges et je n’avais pas eu l’occasion de m’intéresser à ce sujet jusqu’à présent.
– Exercice difficile ?
– Non parce que quand on aime, la difficulté n’est pas un problème. C’est quand il y a des difficultés que ça rend le travail intéressant !
– Quel avenir pour l’horlogerie suisse ?
– Très vivante aujourd’hui et très forte, très conquérante. De quoi sera fait demain ? Nul ne le sait ! Je sais qu’on me pose souvent la question et je préfère ne rien répondre. Parce que quand on me relira dans dix ans, on verra… que tout était faux.