Une mise en route difficile

Jean-Pierre Molliet

Trois fois, les hautes eaux ont emporté caissons et gabions…

Après six mois de travaux sur le chantier du futur barrage du Chatelot, il ressort du bilan intermédiaire en fin de l’année 1950 que des inondations à répétitions ont perturbé le chantier. Trois fois, les hautes eaux ont emporté l’armature de base ! Trois mois de retard…

Les caissons de pierres et de gabions qui avaient demandé un temps énorme ont été emportés par les flots. Seuls les palplanches ont résisté à cette terrible pression (photo).
Les frasques de la météo ont joué de mauvais tours aux ingénieurs. Mais pas que : les perforatrices à air comprimé ne pouvaient pas être mises en service malgré l’acharnement des ouvriers qui travaillaient dans l’eau jusqu’aux genoux. Il a aussi fallu déchanter après l’arrivée d’une perforatrice dernier cri sur rail, à 3 lances, appelée « Tachumbo ». En cause : la mauvaise qualité de la pierre sur le site…

Dès que le niveau du Doubs a diminué, les responsables du chantier ont aussitôt fait construire une passerelle afin de permettre la reprise du travail sur la rive française après un arrêt d’un mois.
Le 11 janvier la douane constatera que 1800 kg d’explosifs exportés de Suisse ont été utilisé par les Français. A noter un désagrément de poids le 17 janvier : une panne de lumière empêche toute activité. Le chantier se trouve du coup aussi sans eau…

Dans le cadre de la semaine « Le barrage du Chatelot, 1953-2023 » : conférence à Villers-le-Lac, par Jean-Pierre Molliet, 11 oct., 20h, 5, rue Parrenin.

Tout a été emporté par 
les flots… sauf les palplanches. (Photo jpm)
Tout a été emporté par les flots… sauf les palplanches. (Photo jpm)

Découvrez nos autres articles