Y a bon Temesta

Vincent Kohler

Catastrophe ! Les Temesta, Xanax et autres petites pilules du bonheur sont en rupture de stock ! Damned ! Mais que vais-je faire pour affronter ma vie et mes collègues demain matin ? Et cette foutue boule au ventre brûlante qui dévore mes entrailles et qui grossit telle un fœtus d’angoisse ! Horreur, malheur !

Où vont donc passer mon sourire béat et mes yeux vitreux de tanche rassie ? Que vais-je devenir moi qui n’arrive déjà plus à marcher sur l’ombre de mes pieds ! Tel un cloporte sans ma vieille planche pourrie, je panique, j’erre, j’éructe mon angoisse humide en allant déposer le vide de mon existence à la déchetterie de la vie.

Moi qui ai pourtant tout… Un toit mais pas de toi, un moi énorme et des mois difficiles, un salaire et une sale tronche, un boulot, des loisirs, le yoga, la lecture de pieds qui ne sont plus sur terre puis Gérard qui ne me regarde plus comme avant, le choix ambigu entre le diesel ou l’électrique et où irons-nous en vacances cet été avec toutes ces guerres si loin de chez nous, je n’arrive plus à dormir et puis mon colon irritable et le lactose qui me fout en l’air la vie et le gluten, véritable ennemi qui empoisonne mon corps.

Un mal, une pilule. Pour bander, une bleue bien tassée, cholestérol, goutte, ulcère, cardio, tension, mal de tête, mal de vivre, mal au bide, digestion, une pilule ! Pas de gosses, une pilule ! Et sur la rue, les épiceries qui disparaissent remplacées par des pharmacies, des banques, des offices de placement temporaire à durée illimitée, des assurances, des régies immobilières. Et moi et moi et moi dans mes considérations de riche, à me faire chier dans cette vie que d’autres nous envient et à qui on dit d’aller se dorer la pilule ailleurs.

Aux médocs, je préfère le Médoc, quelques rires en pagaille et l’amour simple en attendant le printemps.

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