La saga de la construction du barrage du Chatelot franchit une étape clé le 17 janvier 1953 : la fermeture des vannes ! Cela signifie la mise en eau du futur lac. Adieu, vieux sentiers des promeneurs, des pêcheurs, des douaniers… et des contrebandiers !
Gel de l’eau pas anticipé…
La montée de l’eau est lente, un mètre par vingt-quatre heures. Gros problème le 30 janvier, une fissure apparaît côté suisse sur le mur du barrage. Peu profonde heureusement : 4 cm. Il sera facile de la colmater.
Le froid persistant pose un autre problème qui n’avait pas été anticipé… Au fur et à mesure que l’eau monte, le Doubs gèle. Il se couvre d’une couche de glace, immobilisant ainsi les débris qui flottent sur le lac et qu’il convient d’éliminer.
La météo va encore une fois contrarier les responsables. En février, d’importantes chutes de neige obligent la direction des travaux à fermer le barrage durant une dizaine de jours. Jusqu’à la fin du mois, tous les chantiers seront encore bloqués. Huit coulées de neige sont relevées sur le chemin menant au Saut du Doubs. Au vu de ces circonstances, le Doubs monte au ralenti, 20 à 30 cm par jour. Il faut patienter jusqu’au 26 février pour que le minimum pour l’utilisation du bassin d’accumulation soit atteint et qu’une turbine puisse être mise en service.
Le cirque de Moron et les Entres-Roches sont plongés dans un silence profond. Le bruit de l’eau et des rapides a disparu, les sapins et la neige se reflètent dans le lac paisible et calme. L’homme a réussi à calmer le Doubs jusque-là tempétueux et sauvage.
Nombreux sont les curieux qui viennent donner un coup d’œil sur ce nouvel environnement. Et on entend dire bien souvent que le nouveau lac d’accumulation et ses environs ressemblent sous bien des aspects aux bassins des Brenets !