Oui massif au référendum : tous à la case départ ?

Anthony Picard

La politique de stationnement des Autorités a été balayée à 75 %

Peu élégants, les propos des Verts à l’égard du niet à 75 % de la population au nouveau plan de stationnement agacent. Affirmer que la droite est bête ou parler de non-sens en mélangeant le non du peuple avec le replantage des arbres est déroutant de la part d’un parti pesant un cinquième de la population. Ces déclarations cristallisent les fronts à l’heure où gagnants et perdants ont mieux à faire.

Cette gifle, bien que douloureuse, est une étape qu’il faudra surmonter par le dialogue et l’ouverture à l’autre.

 

Théo Huguenin-Elie,
en charge de l’urbanisme

– Les enseignements de ce cuisant échec ?
– Bien que validé par trois commissions, par l’Exécutif et le Conseil général, ce projet institutionnel n’a pas trouvé grâce devant le peuple. Pour éviter d’en arriver au référendum, nous devrons à l’avenir davantage fédérer et rassembler sur des projets aussi sensibles. Dans ce cas, nous n’avons pas su expliquer de façon simple un sujet complexe. Nous devons prendre nos responsabilités après le coup de semonce du peuple en reprenant ce sujet sur des bases plus consensuelles.

– Pourquoi l’autorité a-t-elle été si désavouée ?
– Sur un sujet aussi épidermique, la lecture ne doit pas être partisane. Les électrices et électeurs se sont prononcés contre le nouveau plan de stationnement sans volonté évidente de s’en prendre à la majorité élue dernièrement alors même que le référendum sur le stationnement était pendant. Ce qui a effrayé, c’est de devoir changer de système alors que l’actuel est entré en vigueur en 2020. Il y a certainement aussi de l’incompréhension dans cette décision puisque le peuple s’était déjà montré cinglant en refusant une première fois la politique de stationnement en 2011 (72 %).

– Comment améliorer l’existant ?
– En reprenant le problème de la mobilité, du trafic et de la sécurité avec les quatre partis référendaires. J’ai prévu de les inviter très vite pour les écouter et si possible échafauder des solutions. En attendant, rien ne change dans le système actuel et le Conseil communal a le devoir d’écouter la population. Tant qu’aucun consensus ne se dessine, ne rien toucher à l’existant.

 

Théo Huguenin-Elie, en charge de l’urbanisme

Manon Freitag (Le Centre)

– Avec un tel référendum, c’est bingo à tous les coups ?
– Dans une votation, les surprises existent toujours… Dans ce cas, même si l’ampleur du résultat m’a étonnée, je suis heureuse que la population nous ait soutenu de manière si claire. 75 %, c’est que le projet n’était pas bon.

– Les raisons du oui ?
– Les gens ont fait leurs comptes. Payer plus pour parquer moins dans une ville en chantier, non merci. J’y vois aussi le refus de changer trop vite le système et le ras-le-bol d’une population lasse de ne pas être consultée sur des sujets aussi sensibles.

– Les Verts ont l’échec dans le nez, un boulet pour la suite ?
– Les propos durs et agressifs entendus de la bouche des Verts desservent leur parti. Dire que la droite a menti est non seulement diffamatoire mais abusif. Piquer la mouche face au non si net de la population est un mauvais message. Maintenant, le sujet doit être repris pour devenir un projet de mobilité globale. Se limiter à la case stationnement n’est pas suffisant. Repensons la mobilité dans son ensemble avec au centre des préoccupations les transports publics et leurs accessibilités physique et financière. Ce qui est sûr, c’est qu’un projet ne passera que s’il est facilement compréhensible.

Manon Freitag (Le Centre)

 

David Erard, président du TCS, section Neuchâtel

– Votre regard sur le raz-de-marée de dimanche ?
– La population a montré son désaccord. Malgré cette victoire, je suis heureux de lire l’annonce des référendaires, qui parle « d’un résultat en demi-teinte » ce qui donne à penser que des améliorations sont nécessaires en matière de mobilité. Cette ouverture est une véritable nouvelle que j’accueille positivement et qui permettra de travailler autour d’un projet commun, à la satisfaction des citoyens.

– Pourquoi le TCS a soutenu le projet, déplaisant à ses adhérents ?
– Notre club compte plus d’un million et demi de membres. Difficile de contenter tout le monde quand on a l’intérêt général dans ses objectifs statutaires. Nous essayons de les appliquer dans tout le pays en tenant compte des spécificités locales. Ici, nous avons soutenu le plan des autorités parce qu’il était l’un des moins contraignants – voire le moins contraignant – de Suisse. Cela étant, nous n’avons pas adhéré au comité de soutien : selon nous, l’amélioration de l’efficacité et de l’attractivité des transports publics n’était pas prioritaire.

– Quel projet pour rallier la majorité ?
– Celui qui combinera mobilité et amélioration des transports publics, dont leurs prix. S’ouvrir à la digitalisation serait aussi pertinente afin de fournir en temps aux automobilistes la localisation des places disponibles.

– Prêt à y apporter l’expériences du TCS ?
– Il faut voir si la population souhaite améliorer la mobilité ici ou si elle souhaite le statu quo. Dans la seconde hypothèse, nous proposerons notre expertise et ferons comprendre aux partis référendaires que si – au risque de paraître impopulaire – le TCS n’a pas soutenu le référendum, c’est bien parce qu’il est urgent de revoir la mobilité dans la ville.

David Erard, président du TCS, section Neuchâtel
75 % de non pour la nouvelle politique de stationnement. Mais les partis veulent se mettre à une même table pour trouver des solutions sur la mobilité en ville. (gs)
75 % de non pour la nouvelle politique de stationnement. Mais les partis veulent se mettre à une même table pour trouver des solutions sur la mobilité en ville. (gs)

Manon Freitag (Le Centre)

– Avec un tel référendum, c’est bingo à tous les coups ?
– Dans une votation, les surprises existent toujours… Dans ce cas, même si l’ampleur du résultat m’a étonnée, je suis heureuse que la population nous ait soutenu de manière si claire. 75 %, c’est que le projet n’était pas bon.

– Les raisons du oui ?
– Les gens ont fait leurs comptes. Payer plus pour parquer moins dans une ville en chantier, non merci. J’y vois aussi le refus de changer trop vite le système et le ras-le-bol d’une population lasse de ne pas être consultée sur des sujets aussi sensibles.

– Les Verts ont l’échec dans le nez, un boulet pour la suite ?
– Les propos durs et agressifs entendus de la bouche des Verts desservent leur parti. Dire que la droite a menti est non seulement diffamatoire mais abusif. Piquer la mouche face au non si net de la population est un mauvais message. Maintenant, le sujet doit être repris pour devenir un projet de mobilité globale. Se limiter à la case stationnement n’est pas suffisant. Repensons la mobilité dans son ensemble avec au centre des préoccupations les transports publics et leurs accessibilités physique et financière. Ce qui est sûr, c’est qu’un projet ne passera que s’il est facilement compréhensible.

Manon Freitag (Le Centre)

 

David Erard, président du TCS, section Neuchâtel

– Votre regard sur le raz-de-marée de dimanche ?
– La population a montré son désaccord. Malgré cette victoire, je suis heureux de lire l’annonce des référendaires, qui parle « d’un résultat en demi-teinte » ce qui donne à penser que des améliorations sont nécessaires en matière de mobilité. Cette ouverture est une véritable nouvelle que j’accueille positivement et qui permettra de travailler autour d’un projet commun, à la satisfaction des citoyens.

– Pourquoi le TCS a soutenu le projet, déplaisant à ses adhérents ?
– Notre club compte plus d’un million et demi de membres. Difficile de contenter tout le monde quand on a l’intérêt général dans ses objectifs statutaires. Nous essayons de les appliquer dans tout le pays en tenant compte des spécificités locales. Ici, nous avons soutenu le plan des autorités parce qu’il était l’un des moins contraignants – voire le moins contraignant – de Suisse. Cela étant, nous n’avons pas adhéré au comité de soutien : selon nous, l’amélioration de l’efficacité et de l’attractivité des transports publics n’était pas prioritaire.

– Quel projet pour rallier la majorité ?
– Celui qui combinera mobilité et amélioration des transports publics, dont leurs prix. S’ouvrir à la digitalisation serait aussi pertinente afin de fournir en temps aux automobilistes la localisation des places disponibles.

– Prêt à y apporter l’expériences du TCS ?
– Il faut voir si la population souhaite améliorer la mobilité ici ou si elle souhaite le statu quo. Dans la seconde hypothèse, nous proposerons notre expertise et ferons comprendre aux partis référendaires que si – au risque de paraître impopulaire – le TCS n’a pas soutenu le référendum, c’est bien parce qu’il est urgent de revoir la mobilité dans la ville.

David Erard, président du TCS, section Neuchâtel

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