Il a fonctionné dès le 15 août 1951 après plusieurs embûches
C’est en juin 1950 que les ingénieurs et géomètres posent des jalons de l’usine du Torret. Le maître des travaux de la construction de la centrale hydroélectrique sera M. H. de Montmollin, ingénieur à Neuchâtel. L’entreprise Clivio de La Chaux-de-Fonds est désignée pour construire les villas destinées au personnel de l’usine d’après les plans établis par M. Wyss, architecte à La Chaux-de-Fonds. À la mi-septembre, trois passages sous-voies de la ligne du funiculaire sont achevés. L’énergie électrique fournie par les entreprises fribourgeoises est amenée sur place.
Une cinquantaine d’ouvriers commence en juillet la construction du funiculaire. La pose des premiers rails fait apparaître d’énormes difficultés. La ligne est en très forte pente – elle atteint même 45 degrés sur une longueur de 100 mètres ! Il y a lieu de procéder à un adoucissement du terrain en éliminant des pans de rochers. Une opération très couteuse initialement non prévue. Mais qui est réalisée en novembre.
À la fin de l’année, il ne reste plus que 150 mètres à construire pour que le funiculaire arrive au niveau de la fenêtre de la galerie d’amenée d’eau. Un treuil provisoire permet de monter les premières baraques sur le chantier de l’usine, au fond de la gorge du Doubs.
La reprise des travaux en 1951 est différée, suite à d’abondantes chutes de neige. Il faut attendre jusqu’en mars pour voir l’arrivée d’une pelle mécanique et de deux camions. Les matériaux à enlever représentent un volume de 1000 000 m3 répartis en amont et en aval de la future usine. Afin de donner au Doubs une « chasse plus forte » dès la sortie des turbines, l’écluse de l’ancien moulin Delachaux, situé à 600 mètres en aval de l’usine, est détruite à la dynamite.
Ce n’est qu’en été que six compresseurs électriques remplacent les quatre compresseur à mazout mis en place pour actionner les diverses machines. On commence véritablement à s’activer avec le percement de la galerie qui reliera le Châtelot à l’usine.
Une pelle mécanique est transformée en « dragueline » pour commencer la correction du lit du Doubs. Ce travail est entrepris par la maison Marty de Berne. Il s’étend sur une longueur de 100 mètres, soit de l’usine au lieu-dit « Les Graviers ».
Le 15 août 1951 le funiculaire fonctionne. Sa longueur :1088 mètres. Le trajet s’effectue en onze minutes. Il supporte des charges de 18 tonnes, ce qui permet d’accélérer le transport de machines et de matériel.