Le 19 mars 2025, le Conseil général de la ville de La Chaux-de-Fonds a validé le projet de nouvelles patinoires. Soulagement pour une majorité des élus et questionnement pour une minorité d’autres
pour qui la question du financement mériterait d’être davantage étudiée avant de lancer le « chantier du siècle ». Un référendum est-il possible ? On fait le point avec Karim Boukhris (POP) et Cédric Haldimann (PLR).
« Je ne suis pas satisfait du vote du Conseil général car la ville a pris un très gros risque financier », plante d’emblée Karim Boukhris. Le soir du vote, lui et son parti ont été les principales voix à émettre des réserves financières sur le projet. « Je précise que nous ne contestons pas l’absolue nécessité de construire une nouvelle patinoire mais uniquement la manière dont elle sera financée. Il ne faut pas qu’elle se fasse à n’importe quel prix. »
Un financement qui pose problème ?
Ce prix, c’est 69 millions de francs ! Au terme de débats et d’amendements, « la gauche » a obtenu ce qui fait un peu figure de geste d’apaisement de la part du Conseil communal chaux-de-fonnier : le projet ne pourra commencer que lorsqu’il aura été trouvé 7 millions de financement externe. « Nous réclamions 12 millions mais on se contentera de 7 », réagit le popiste, un peu résigné. « Cela ne gomme pas ma frustration de voir que l’exécutif a eu 4 ans pour chercher des fonds et que cela n’a apparemment pas été fait. » Alors, le financement pose-t-il problème ?
Savoir souligner les points positifs
« C’est un volet compliqué du dossier pour les non-initiés, il faut bien l’admettre », reconnaît Cédric Haldimann. Précis sur la question et convaincu par le projet, l’élu PLR souligne aussi ses points positifs : « Le financement fait parler mais il faut aussi savoir faire les bons choix au bon moment. Certains se plaignent parfois que la Fédération neuchâteloises des entrepreneurs soutient beaucoup de projets sur le Littoral. Aujourd’hui, elle s’implique pour de nouvelles patinoires dans les Montagnes et il faudrait ne pas s’en satisfaire ? J’ai de la peine à comprendre. »
«Un référendum, je n’y crois pas !»
Il poursuit : « Il faut bien comprendre que c’est un projet phare pour toute la région. Le remettre en cause reviendrait un peu à faire tomber le château de cartes ! Cela aurait un énorme impact sur la dynamique de la ville mais aussi sur son image. » Vous craignez un référendum ? « La décision du 19 mars sera publiée ce vendredi dans la Feuille officielle, ce qui signifie qu’un référendum peut être lancé à partir de ce jour. Mais je n’y crois pas. Je pense que même ceux qui ont émis des réserves sont convaincus de son utilité au fond d’eux. »
Les partis n’ont pas voulu se mettre à dos les fans du HCC ?
On retombe alors sur le nœud du problème : l’argent ! « Nous nous sentons un peu seuls au monde et je dois dire que je baigne dans un océan d’incompréhension. Un tel système de financement, avec 3 millions à charge de la ville chaque année, sur 30 ans, devrait solliciter de la prudence, à minima. Or, j’ai l’impression que les élections cantonales ont eu une influence directe sur la question des patinoires. » C’est-à-dire ? « Certaines forces politiques n’ont pas eu envie de se fâcher avec une partie de la population qui supporte le HCC. On sait que le club est populaire. »
Question sous-jacente ; « Pour ou contre le HCC ? »
C’est vrai ça, Cédric Haldimann ? « Oui, j’imagine que cela a joué un rôle sur le résultat aussi marqué du vote. Mais il faut aussi relever que ce sont surtout les amendements qui ont permis de mettre d’accord une large majorité. Le Conseil communal y a mis du sien. » Karim Boukhris rebondit : « Vous n’avez pas l’impression que cela s’est transformé en pour ou contre le HCC avec une forme de pression populaire derrière tout ça ? Moi je crois que les débats ont souvent pris cette tournure. »
« Les habitants doivent avoir le dernier mot »
Cédric Haldimann répond : « Oui, le raccourci entre nouvelles patinoires et le HC La Chaux-de-Fonds était vite fait. Cela a forcément pesé dans la balance. Après, toute la population n’est pas supportrice du HCC non plus. Ce raisonnement a donc ses limites. » Justement, si un référendum avait lieu et que la voix du peuple était sondée, est-ce que tout serait forcément joué d’avance ? « Pas sûr », lance Karim Boukhris qui « pense que les habitants doivent avoir le dernier mot ». Référendum il y aura ? « Si nous avons du soutien de la part d’autres partis, nous le ferons oui. Mais si le POP se lance tout seul là-dedans, c’est mission impossible. »