Il a mis 7 ans à transformer la poésie en musique

Par Lieven Humbert

Le monde à travers les yeux de Gustave Roud, voilà la poésie que Clément Grin veut transmettre. Originaire d’Yverdon-les-Bains et Chaux-de-Fonnier depuis 2023, le batteur et compositeur part en tournée avec une mise en musique des mots de l’artiste vaudois. Avant son départ, il se confie sur son travail d’archive.

Votre projet s’appuie sur le travail de Gustave Roud, comment avez-vous découvert cet artiste ? Qu’est-ce que vous appréciez chez lui ?
J’ai découvert par hasard le recueil Cahiers Gustav Roud n°1 en fréquentant les librairies. Sa poésie m’a bouleversé et je me suis beaucoup reconnu dans ses mots. Comme j’ai toujours été attaché à ma région, la mise en poésie de ce monde proche m’a marqué. Sa maturité émotionnelle est touchante et sa manière d’inclure à la fois les émotions, les paysages et les personnes est impressionnante – il a écrit ses poèmes alors qu’il n’avait que 17 ans. Il fait preuve d’une résilience exceptionnelle, même dans des textes plus violents.

D’où vous est venue l’envie de mettre ses textes en musique ?
L’idée est venue naturellement : en lisant ses poèmes, je me suis dit que j’en ferais un jour de la musique. Il aura fallu 7 ou 8 ans pour y arriver.

Quel a été ce processus de création ?
J’ai commencé par choisir les poèmes avec lesquels j’avais le plus d’affinités. Ensuite, je me mettais au piano, à la guitare ou à la contrebasse et je chantonnais les mélodies qui me venaient. Les poèmes avaient déjà une musicalité, il fallait se laisser bercer pour la trouver. Une fois que la voix était définie, je passais aux harmonies et aux rythmes. D’ailleurs, les mélodies de 3 des poèmes joués ont été écrites par Aurélie Emery.

Après tant d’années depuis les premières idées, qu’est-ce ça vous fait d’être enfin aux concerts ?
C’est la réalisation d’un rêve, tout simplement.

Ce projet touche aussi au monde des images, quel est leur rôle ?
Gustave Roud était aussi photographe et il avait cartographié les paysages de l’époque en 13 000 clichés. Il avait aussi réalisé un travail d’un doux érotisme sur les paysans des alentours. Quand j’ai eu l’idée du projet, j’avais envie que Nicolas Masson soit le saxophoniste mais aussi qu’il en soit le photographe. Il a donc réalisé un hommage à l’artiste en suivant ses traces dans les plaines du Jorat. Si l’occasion le permet, les photos seront exposées.

 

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