Quoi, Betty Bossi n’a jamais existé, on nous aurait menti ?

Par Augustin Pelot

Le réalisateur fribourgeois Pierre Monnard réalise un nouveau long-métrage intitulé Salut Betty (en version romande) sur la mythique figure helvétique de Betty Bossi qu’il va présenter au Cinéma Scala, ce dimanche, à 14 h 30. Pierre Monnard est le premier réalisateur suisse a avoir créé une série sur Netflix (Winter Palace) et diffusée dans le monde entier. Notre interview !

– D’où vous vient l’inspiration des différents films et séries que vous avez réalisés ?
– J’avais envie de parler de cette Suisse qu’on voit rarement au cinéma. Pour Platzspitzbaby, il n’y avait pas encore de films de fiction qui avaient été réalisés sur cette histoire de scène ouverte de la drogue en Suisse. Salut Betty, ça parle de l’un des rares mythes qui fédère toute la Suisse.
– Parlez-nous un peu plus en détail de Salut Betty justement.
– C’est une comédie qui raconte l’histoire d’Emmi Creola, cette femme qui travaille au sein d’une agence de publicité zurichoise au milieu des années 1950 et qui a inventé le personnage fictif de Betty Bossi, une figure incontournable de notre culture des deux côtés de la Sarine. Il y a toujours cette ambiguïté qui persiste : a-t-elle réellement existé ? Bien sûr qu’elle n’a pas existé car c’est un personnage de fiction. Mais j’ai l’impression qu’en chacun de nous, il y a un tout petit peu de Betty Bossi.

– Comment êtes-vous tombé sur cette histoire ?
– Je viens d’une famille 100 % Betty Bossi. Ma grand-mère a cuisiné en suivant ces recettes, ma mère également et moi j’ai appris à cuisiner avec. Nous ne savions pas qui se cachait derrière cette marque et surtout comment ce personnage fictif avait été créé. Quand j’ai commencé à me renseigner sur Emmi Creola, j’ai été impressionné par la modernité de cette personne hors du commun qui vivait comme une femme de 2025 mais dans les années 1950.

– Vous avez déjà collaboré avec Sarah Spale sur Platzspitzbaby, elle est l’actrice principale à l’affiche de ce nouveau long-métrage, avez-vous trouvé votre actrice fétiche ?
– Oui, nous pouvons dire ça. Après Platzspitzbaby, nous cherchions une nouvelle histoire sur laquelle collaborer. C’est pour ça que je réfléchissais à des personnages féminins et c’est comme ça que nous sommes tombés sur l’idée de faire un film autour de Betty Bossy.

– Ce personnage féminin fort explique pourquoi un film sur les années 1950 résonne autant dans l’actualité ?
– Oui, Salut Betty raconte l’émancipation d’Emmi Creola qui travaillait dans le monde très masculin de la publicité. Nous la voyons se battre pour imposer ses idées dans ce monde macho et parallèlement, nous racontons comment elle réussit à conjuguer vie professionnelle, vie familiale et vie de couple. Cette fameuse rétrocité des rôles qui est un thème extrêmement actuel auquel nous sommes tous confrontés. Salut Betty, c’est une histoire des années 1950 qui aurait très bien pu se dérouler en 2025.

 

Pierre Monnard (avec la casquette) réalise un nouveau long-métrage suisse avec un budget de 5,3 millions. Salut Betty met à l’honneur Emmi Creola (Sarah Spale), inventrice de Betty Bossi. (photo dr)
Pierre Monnard (avec la casquette) réalise un nouveau long-métrage suisse avec un budget de 5,3 millions. Salut Betty met à l’honneur Emmi Creola (Sarah Spale), inventrice de Betty Bossi. (photo dr)

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