Huitième au général et première femme, la navigatrice a marqué l’année 2025 en bouclant le Vendée Globe en 76 jours, améliorant ainsi le record de Clarisse Crémer de 11 jours. Seconde d’une fratrie de cinq enfants, Justine et ses frères et sœurs ont baigné tout jeunes dans l’ambiance lacustres des sorties sur le Léman. À moins d’une semaine d’accoster dans la Métropole horlogère, le Ô s’est entretenu avec la navigatrice.
– Pourquoi avoir choisi La Chaux-de-Fonds et le Club 44 ?
– J’avoue que ce sera déjà ma seconde fois dans cette ville. Accepter de donner conférence répond à la volonté des organisateurs et à leur perspicacité notamment par l’intermédiaire d’Olivier Luthi, le constructeur de bateaux.
– A quel moment avez-vous choisi d’être skippeuse plutôt qu’enseignante ?
– Ça s’est passé en 2012. Occupée dans mes premiers postes d’enseignante-remplaçante, j’étais en parallèle membre de l’équipage 100 % féminin de Ladycat, le catamaran de Dona Bertarelli. À ce moment de ma vie, s’est présentée l’opportunité de travailler sous les couleurs TeamWork, un sponsor qui s’est mouillé pour que je m’entraîne et participe à la mini-transat de 2013 (réd : Justine s’était illustrée en terminant seconde du général).
– Qu’est-ce qui vous attire au large ?
– La beauté de se mesurer en compétition à l’issue d’un projet naval qui mêle technique, ingénierie et dépassement de soi. C’est l’aboutissement d’un formidable travail d’équipe.
– La répétition des exploits, la médiatisation, comment gérer pour rester au top ?
– En conservant la tête froide et en travaillant fort pour rester au meilleur niveau.
– Les femmes réussissent en voile mais peu comme Florence Arthaud ou Charlotte Yven (2e à la Solitaire Jacques-Vabre 2025) sont montées sur le podium. Avez-vous l’objectif de remporter une grande course ?
– Si nous sommes rares à être montées sur le podium, c’est que les femmes sont sous-représentées. J’ajoute que les courses ne se gagnent pas grâce à une meilleure capacité physique mais avec une stratégie de course et un matériel irréprochables. En mettant ensemble les bons paramètres, mon objectif est de remporter une grande course.
– Dans le documentaire de la RTS de 2022, vous êtes surnommée la Machine, une marque de fabrique ?
– C’est vrai que je suis précise à l’image du mouvement mécanique d’une montre et rigoureuse entre les courses pour maintenir mon mental et ma forme physique.
– Quel est votre prochain grand challenge ?
– Le Vendée Globe 2028, course en solitaire, sans escale et sans assistance dans laquelle j’ai la volonté d’encore progresser. Les préparatifs se succéderont jusqu’au 12 novembre 2028, jour du départ aux Sables-d’Olonne de la 11e édition qui marquera les 40 ans de cette course mythique.
– Si solitaire que ça, Justine Mettraux ?
– Absolument pas. Prendre part à des grandes courses est l’apothéose d’un travail d’équipe. Derrière la skippeuse médiatisée s’affaire un team solide d’une douzaine de personnes engagées à l’année pour rendre l’exploit possible.




























