Tout le monde ou presque connaît la bouille inimitable de Charlot pour ses talents d’acteur. Mais celui qui est né le 16 avril 1889 à Londres était aussi réalisateur, scénariste et… compositeur. Charlie Chaplin a cultivé son inspiration musicale dans les mélodies populaires des rues londoniennes de la fin du XIXe siècle mais aussi du jazz américain qui connaissait ses balbutiements. Vous avez envie d’en découvrir plus ?
Ça tombe à pic ! L’orchestre des Jardins Musicaux a décidé d’accompagner la diffusion du mythique film de Charlie Chaplin La Ruée vers l’or de ses instruments lors de 4 ciné-concerts célébrant les 100 ans de la sortie du long métrage. Dirigés par Valentin Reymond, les 70 musiciens de l’orchestre sont devenus maîtres dans l’art d’accompagner les grands films muets. Ils comptent plus de 200 représentations à leur actif et ont déjà charmé près de 100 000 spectateurs.
La musique a offert l’unique Oscar à Chaplin
Ils se sont déjà frottés aux principaux films muets de Charlot, pour lesquels le réalisateur avait également pris soin de composer la musique. On peut citer Le Cirque, Les Lumières de la ville, The Kid, Les Temps modernes ainsi que les courts métrages Le Pèlerin et Une Vie de chien. Peu le savent mais la musique a pris une part de plus en plus importante dans sa vie. Parfois, il a pris soin d’écrire les partitions de ses films, plusieurs décennies après les avoir tournés. Un peu comme s’il pensait qu’il manquait quelque chose et qu’il voulait parachever ses œuvres. D’ailleurs, le seul Oscar qu’il a reçu, en 1973, lui a été donné pour l’une de ses musiques de film : Les Feux de la rampe.
Devenu riche en jouant le pauvre
La « touche Chaplin » se retrouve parfaitement dans ses compositions qui mélangent l’ironie à la sentimentalité, le cruel au dérisoire et l’amour à la haine. Lorsqu’il tourne La Ruée vers l’or, en 1925, c’est sa vision chaplinesque qui fait la merveille du film. Lui seul aurait pu rendre compte aussi justement de ce qu’étaient l’Alaska et le Klondike (régions du nord-ouest du Canada). Au froid, à la brutalité à la cupidité et à la pauvreté, il oppose et impose l’humour et la dérision. Dans cet élan créatif, la culture devient alors soudain un rempart contre la bestialité et un gage de dignité. Celui qui n’avait pas son pareil pour trouver des dichotomies et des paradoxes aimait à dire « qu’il était devenu riche en jouant le pauvre ».
L’Orchestre des Jardins Musicaux : terreau fertile de créativité
Cela donne envie de plonger dans cet univers captivant, n’est-ce pas ? L’Orchestre des Jardin musicaux n’est pas à son coup d’essai, lui qui a déjà créé une musique sur mesure pour des films de Buster Keaton dont Le Mécano de la Générale, capté par la chaîne Arte l’été dernier. Il a aussi offert une performance assez folle sur le film muet La Roue d’Abel Gance qui dure… 7 heures. Les Jardins Musicaux développent aussi depuis une dizaine d’années leurs Bal(l)ades qui lient découvertes patrimoniales et musicales à travers le Parc régional Chasseral. Et si on allait prendre un peu de bon temps dans leur jardin ?
→ Dans l’agenda
Temple du bas (Neuchâtel) : jeudi 18 décembre (19 h 30) et samedi 20 décembre (11 h puis 17 h).
Théâtre du Jura (Delémont) : vendredi 19 décembre (19 h 30)



























