L’ex-policière qui a (re)pris le droit chemin !

Par Lieven Humbert

C’est en ce jour de Saint-Valentin que Phanée de Pool fait sa première au Bik ! Seule en scène, elle vient défendre Algorithme, son dernier album… Sans oublier les succès de son répertoire au complet. Rencontre avec cette chanteuse singulière, autrefois dans la police, et aujourd’hui sur scène pour défendre la langue française sous l’uniforme d’une certaine poésie.

C’est un fait bien connu : avant la musique, elle travaillait pour la police. Je commence par lui demander de m’expliquer cet intriguant changement de carrière : « J’ai fait de la musique quand j’étais plus jeune et je me suis rendue compte que c’était difficile d’en vivre en Suisse. J’ai vite été réaliste sur ce sujet. J’ai opté pour une carrière dans la police, sans routine et sans chômage… Au bout d’un moment, j’ai été rappelée par la musique en me disant d’abord que ça serait un hobby et puis la mayonnaise a fini par prendre et j’ai repris le droit chemin. »

« Coller des sourires aux gens » à travers ses chansons
La discussion se poursuit en « creusant » autour de son ancien travail, je lui demande en quoi ça a influencé sa musique. Elle mentionne directement son premier album : « J’ai tiré des bribes de mon quotidien de policière, notamment les violences conjugales qui étaient une des choses auxquelles j’ai eu le plus affaire… Mon but en tant que policière était d’aider l’humain et je fais encore ça aujourd’hui en collant un sourire aux gens à travers les chansons. » On continue la discussion autour de ses textes et je la questionne sur sa manière de raconter le réel : « J’ai cette habitude d’écouter comment sonne la langue française et d’en observer les beautés cachées, on y trouve des choses tellement percutantes… En parlant vite et beaucoup, j’arrive à dire ce qui est important. C’est comme ça que j’ai créé le slap, un mélange de slam et de rap. J’ai toujours aimé les textes qui riment, ceux de Brel, de Barbara ou de Brassens. J’aime la musicalité de la langue française. »

L’intelligence artisanale pour évoquer l’intelligence artificielle
L’amour des choses pures, sans fioritures peut être ? « Oui, c’est vrai que j’ai cette envie de vouloir faire quelque chose de concis, de droit au but. » Elle conclut en confiant une surprenante influence : « De par mon père, j’ai évolué dans le milieu du cirque. Pour moi ça a été quelque chose dont je me suis pleinement imprégnée. Ambiance music hall, show time et bling-bling… C’est vrai qu’il y a parfois beaucoup de lourdeur dans mes textes mais j’ai finalement toujours quelque chose de clownesque qui amène de la couleur dans mes morceaux. Je ne viens pas juste chanter avec ma guitare et mon looper, il y a une mise en scène, un spectacle scénarisé avec un fil rouge autour des algorithmes qui m’empêchent de travailler… Tout est pensé autour de cette ère des écrans, des pubs, etc. J’ai eu envie de traiter de la technologie en utilisant uniquement l’intelligence artisanale. »

 

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