Le travail de 31 photographes, projeté sur 8 écrans à travers la ville de La Chaux-de-Fonds. Et tout ça, le samedi 14 février ! Aucune date n’aurait pu être plus adaptée pour faire surgir des appareils la Nuit de la photo, 13e du nom.
En 13 ans, la Nuit de la photo a atteint une belle notoriété auprès des observateurs, qui viennent de plus en plus loin, et des photographes, tout heureux de faire partie de la programmation. « Le concept est bien ancré dans les esprits », confirme Claude-André Moser, directeur et co programmateur de l’événement. « Chaque cycle de projection dure environ 20 minutes. On entre et sort quand on veut et c’est gratuit. On choisit librement son parcours. »
Si les organisateurs s’attachent à présenter des images qui invitent à la réflexion, à la découverte et à la prise de conscience, ils tiennent au côté populaire de leur « nuit » : « Une culture de très haut niveau mais à la portée de toutes et tous. Voilà le concept ! » Signe de popularité qui ne trompe pas, les projections débuteront deux heures plus tôt que d’habitude (17 h) afin de répondre à la demande générale de prolonger le plaisir. De quoi plus largement profiter de cette édition qui mettra l’accent sur « le reportage et l’observation du territoire. Si les images proviennent des cinq continents, une place d’honneur est réservée à une dizaine de photographes suisses romands, témoignant de la vitalité de la photographie dans notre pays. »
À l’heure des selfies, il y a encore des « images intelligentes » ?
Lorsqu’on lui demande ses coups de cœur, le directeur n’hésite pas : « Cette année, il va à une photo de Romain Mader s’ouvrant sur la campagne vaudoise – digne de Watteau et des peintres du XVIIIe siècle – et à un cliché du Malgache Rijasolo, lauréat du prix Andrée Moser 2026, qui rejoindra la collection de la Nuit de la photo. Le travail historique de Marc Riboud démontre par ailleurs que le reportage, même en conditions difficiles, peut être profondément empreint d’humanisme. »
À l’heure où les selfies et autres photos banales de la vie quotidienne inondent les réseaux sociaux, il y a donc encore des « images intelligentes » ? « La photographie n’est jamais inutile, c’est, plus que jamais, un puissant outil de dialogue et d’échange. L’histoire personnelle de Marc Riboud le prouve mille fois. Son père, comprenant que son fils ne s’épanouirait pas dans le patrimoine industriel familial, a choisi de le laisser s’exprimer autrement, via son appareil photo. »





























