Alors que la justice ne s’est pas encore prononcée sur une éventuelle réintégration de Françoise Casciotta, ex-directrice du cercle scolaire du Locle (CSLL), après de nouveaux développements médiatiques, Le Ô a tenté de faire le point. Dans un dossier devenu hautement sensible, les déclarations teintées d’optimisme de Catherine Jeanneret (PLR), cheffe du dicastère des écoles, ravivent les tensions. L’affaire a pris une tournure plus politique encore après les prises de position de Denis de la Reussille (POP) et Miguel Perez (Les Verts), anciens membres de l’exécutif loclois.
Pour les deux ex-conseillers communaux, le licenciement de Françoise Casciotta constitue une erreur majeure. Ils contestent l’idée d’un
climat redevenu serein au sein du CSLL, estimant que les difficultés persistent et se sont aggravées. Les propos attribués à Catherine Jeanneret lors d’une réunion interne – notamment sa réponse « je ne suis pas médecin » à une question relative à l’état de santé de l’ex-directrice – ont été très mal perçus par le corps enseignant. Si les propos reprochés à la conseillère communale en charge des écoles ne changent rien sur le fond, ils contribuent à renforcer le malaise entre une partie du corps enseignant et l’autorité politique.
Sur la plus haute marche et patatras !
Jolie carrière professionnelle pour Françoise Casciotta, descendante de parents italiens, devenue première citoyenne du Locle en 2015. Nommée directrice du cercle scolaire en 2017, son choix a rapidement provoqué des remous, notamment auprès d’enseignants lui reprochant de ne pas provenir du sérail. Ambiance de travail délétère, jalousie alimentée par une poignée de personnes, les relations n’étaient pas au beau fixe. En 2023, face aux difficultés, la directrice s’était d’ailleurs adressée au Conseil communal pour qu’une société externe lance un audit. Demande acceptée et mission confiée à Actaes – une société aujourd’hui en liquidation – de faire la lumière sur le fonctionnement du CSLL. Un audit dont les conclusions ne sont toujours pas connues. Au printemps 2025, après un congé maladie, la situation s’accélère avec l’annonce de la suspension puis du licenciement en août dernier de la directrice.
Un climat de travail sous tension
Depuis le départ de la directrice, la stabilité ne serait pas revenue. Plusieurs départs ont été annoncés dans l’administration et le corps enseignant, provoquant beaucoup d’émoi à l’extérieur comme auprès de la direction ad interim qui fait face à d’importants défis. Diriger un établissement regroupant environ 1500 élèves et 160 enseignants – répartis sur
20 collèges – exige une forte capacité de coordination et d’arbitrage. Dans ce contexte, toute instabilité à la tête de l’institution est source de répercussions organisationnelles.
Des élèves impactés ?
Selon nos informations, l’enseignement ordinaire n’est pas directement compromis. En revanche, des retards dans la mise en place de certaines mesures de soutien – notamment les cours de rattrapage – suscitent des inquiétudes. Dans un système scolaire soumis à la pression de l’inclusion, la perte de ressources clefs (l’un des directeurs adjoint a démissionné ainsi que l’administratrice) contribuent à fragiliser le CSLL, au même titre que le sous-effectif chronique.
Faut-il la réintégrer ?
La justice effectuera son travail mais la question ne peut être tranchée sur le seul terrain émotionnel ou politique. Si une décision judiciaire pourra dire si le licenciement était fondé ou non, reste l’aspect managérial et la mise en place d’un dispositif clair pour éviter la reproduction des tensions passées et la question de l’institution qui a besoin de stabilité durable, au-delà des personnes. Réintégrer Françoise
Casciotta serait une réparation qui n’est que justice pour certains, un risque de raviver les fractures pour d’autres. Dans tous les cas, l’enjeu dépasse une personne puisqu’il concerne la gouvernance d’un établissement public essentiel de la région.



























