La résurgence de la Genève internationale
Après la conférence de Munich, tous les regards convergent vers Genève devenue le centre d’attention de la géopolitique mondiale. La Suisse a réussi un véritable tour de force en accueillant simultanément deux séries de pourparlers cruciaux. La guerre en Ukraine et l’Iran. Un joli coup pour la diplomatie suisse et d’Ignazio Cassis dans le sillage de sa visite à Moscou. Ce succès de la politique des bons offices ne saurait toutefois occulter la tourmente que traverse la Genève internationale depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Une période de turbulences inédite. Sous le dôme du palais des Nations, l’heure est à l’inquiétude. Confrontée à une crise financière sans précédent, l’ONU subit des coupes budgétaires drastiques. Un séisme financier et structurel qui menace plusieurs milliers d’emplois – 5000 au HCR et 800 à l’OMS – et mettent en péril des dizaines d’ONG et d’agences onusiennes dans une situation de faillite potentielle. Pourtant, malgré ce contexte anxiogène et inquiétant, Genève prouve qu’elle reste le cœur battant du multilatéralisme. En offrant un cadre neutre et sécurisé, la Suisse ne se contente pas d’être une « hôtelière » de luxe. Elle démontre sa capacité à rassembler des acteurs de premier plan pour tenter de résoudre deux crises mondiales majeures. Dans le contexte de ce nouveau désordre mondial, la diplomatie suisse, souvent désarçonnée, démontre sa capacité à explorer des chemins de traverse, développant des réseaux et des alliances inédites, avec des acteurs comme le sultanat d’Oman. La Genève internationale révèle sa résilience et sa capacité à réunir des ennemis irréconciliables autour d’une même table. Une résurgence bienvenue pour la diplomatie suisse qui se réinvente pour perpétuer son influence dans le chaos ambiant de la géopolitique mondiale.


























