Faire « plus » avec « moins » : le dilemme sans fin des SPA est posé !

Par Kevin Vaucher

Nous sommes en pleine nuit. Les Montagnes dorment lorsque le téléphone d’Alexandre Seydoux retentit. Le directeur de la SPA des Montagnes est réveillé en sursaut : « Bonjour, c’est la police. Nous avons 14 chiens à placer en urgence. Vous pouvez passer les prendre s’il vous plaît ? » Le refuge est actuellement plus que plein mais sa réponse fuse : « J’arrive tout de suite ! » Cet échange révèle tout de ce que cache la situation des SPA dans la région : les lieux d’accueil sont saturés mais l’humanité l’emporte toujours. Mais le problème persiste :
comment s’en sortir ?

Alors que les besoins explosent, les SPA doivent toujours faire avec le peu de moyens qu’elles ont à disposition. « Beaucoup considèrent que c’est un service comme un autre auquel ils ont droit et dont ils peuvent bénéficier quand ils le veulent. Mais peu de gens savent que les SPA reçoivent très peu d’aide directe en réalité. Et aujourd’hui, il y a urgence à leur venir en aide. » Ce cri d’alarme est celui de trois femmes, engagées pour la cause animale et / ou au sein de la SPA des Montagnes qui tient refuge au Locle.

Le système D au quotidien
Soyons encore plus transparent : la situation est très compliquée et elle est accentuée par les animaux importés d’autres pays et les nouveaux animaux de compagnie qui gagnent de plus en plus de terrain et dont une partie toujours plus grande est laissée à l’abandon. Où placer tout le monde ? Comment les nourrir ? « La SPA est pleine à craquer et les coûts explosent », alertent Suzanne, Marie-Laurence et Valérie. « Parfois, les bénévoles en sont à aller cueillir des pissenlits dans les champs pour les faire sécher et faire de la nourriture à moindre frais. C’est le système D constant pour joindre les 2 bouts. » Voilà un sacré bout de temps aussi que les normes en termes d’espace peinent à être respectées, faute de place suffisante à disposition. « C’est triste de voir cela ! »

Une taxe déchet qui pèse lourd
Prenons un exemple tout simple : les déchets ! « La SPA paie la taxe au poids, comme n’importe qui. Vous imaginez bien que tous les besoins à évacuer pèsent très lourd. Ne pourrait-on pas imaginer un geste de la commune », questionnent les 3 femmes. En attendant, c’est à nouveau grâce au système D que la SPA tente de garder quelques plumes. Marie-Laurence organise ainsi des collectes de sacs poubelles taxés de temps en temps. Mais pendant que l’aide financière n’arrive pas, les besoins augmentent : Alexandre et les bénévoles ont notamment dû prendre en charge 3 portées de chiots en quelques semaines. « L’équipe s’est relayée jour et nuit pour nourrir certains chiots car la maman était trop maigre pour le faire. »

Une cagnotte pour offrir un peu d’air
Alors pour tenter de donner un peu d’air aux animaux et au refuge, une cagnotte a été lancée pour soutenir la SPA des Montagnes. Une première récolte de 6835 francs a été faite en 2025. Une goutte d’eau par rapport aux plus de 250 000 francs de charges annuelles mais une goutte d’eau qui compte ! « Il faut bien se rendre compte que la SPA effectue un travail utile à toute la communauté. Qu’adviendra-t-il si on doit fermer le refuge dans 2 ans par exemple ? Eh bien on va vous le dire : les portes du refuge seraient ouvertes et beaucoup d’animaux seraient malheureusement lâchés dans la nature. C’est ça qu’on veut pour demain ? »

 

Est-ce à nous tous de payer pour « les autres » ?

Parler d’animaux crée naturellement une fracture entre ceux qui s’en occupent bien, ceux qui en n’ont mais qui les abandonnent. Une partie des 2 premières catégories pose une question importante qu’il ne faut pas balayer d’un revers de main : pourquoi la SPA devrait-elle être soutenue par les autorités – donc avec nos impôts – et pourquoi payer pour la lâcheté des autres ? Suzanne, Marie-Laurence et Valérie n’éludent pas la question mais renvoient la balle.  » Ne paie-t-on pas très cher pour entretenir les prisons et les prisonniers par exemple ? Personnellement, on aime mieux soutenir des animaux que des assassins.  » L’une des solutions ne serait-elle pas de limiter le nombre d’animaux par ville et village selon un ratio prédéfini ? C’est une autre question qui devra peut-être être tranchée un jour devant l’augmentation incessante des effectifs. Il en va de la qualité de vie des humains et des animaux.

Valérie, Suzanne et Marie-Laurence : un trio d'attaque pour voler au secours de la SPA des Montagnes
Valérie, Suzanne et Marie-Laurence : un trio d'attaque pour voler au secours de la SPA des Montagnes

Est-ce à nous tous de payer pour « les autres » ?

Parler d’animaux crée naturellement une fracture entre ceux qui s’en occupent bien, ceux qui en n’ont mais qui les abandonnent. Une partie des 2 premières catégories pose une question importante qu’il ne faut pas balayer d’un revers de main : pourquoi la SPA devrait-elle être soutenue par les autorités – donc avec nos impôts – et pourquoi payer pour la lâcheté des autres ? Suzanne, Marie-Laurence et Valérie n’éludent pas la question mais renvoient la balle.  » Ne paie-t-on pas très cher pour entretenir les prisons et les prisonniers par exemple ? Personnellement, on aime mieux soutenir des animaux que des assassins.  » L’une des solutions ne serait-elle pas de limiter le nombre d’animaux par ville et village selon un ratio prédéfini ? C’est une autre question qui devra peut-être être tranchée un jour devant l’augmentation incessante des effectifs. Il en va de la qualité de vie des humains et des animaux.

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