Ce jeune Afghano-Iranien des Montagnes vit au rythme des notifications pour rester en contact avec ses parents restés au pays

Par Cédric Dupraz

Véritable poudrière, le Moyen-Orient s’est embrasé. Loin des enjeux géopolitiques, du pétrole, des luttes de pouvoir et des positionnements religieux irréconciliables, ce sont les populations civiles qui se retrouvent prises en étau. Âgé de 28 ans, le jeune Mostafa nous confie ses inquiétudes et les difficultés qu’il rencontre pour obtenir des nouvelles de ses parents restés en Iran.

Arrivé en 2015 dans un centre de réfugiés du plateau suisse, puis installé en ville du Locle, le jeune homme a finalement été accueilli par une retraitée de La Chaux-de-Fonds. Après des cours de français à l’Ester, il a brillamment réussi des études d’opticien. L’homme aux traits fins et persans travaille aujourd’hui dans une grande enseigne d’optique.

Ses parents vivent à 110 kilomètres de Téhéran
« Depuis plusieurs jours, les contacts avec mes parents sont très difficiles en raison des coupures Internet », nous confie-t-il. Heureusement, grâce à une application locale, les sms passent. Ses parents, âgés de 65 et 60 ans, vivent à 110 kilomètres de Téhéran et ils se portent bien aux dernières nouvelles. « Je suis inquiet, mais heureusement il n’y a pas de base militaire à proximité », tente de se rassurer Mostafa. Toutefois, « si la guerre dure trop longtemps, des problèmes d’approvisionnement en nourriture arriveront ». Ses parents en ont vu d’autres. Réfugiés d’Afghanistan – pays surnommé « le tombeau des empires » après les déroutes britanniques, soviétiques et américaines –, ils avaient été recueillis en Iran. Pourtant ceux-ci n’ont jamais perdu leur statut de réfugiés. « Leur situation reste précaire et ils ne peuvent pas quitter le pays. »

Mostafa avait pris des vacances pour les retrouver, mais tous les vols ont été annulés. « Nous suivons les nouvelles sur les réseaux sociaux… Mais il y a souvent des fausses informations. » De guerres en guerres, les populations civiles et les familles séparées payent le prix fort. Mostafa vit désormais au rythme des notifications… En espérant chaque jour que le silence ne s’installe pas.

 

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