Les écrans, nos enfants et nous : la guerre des mondes ?

Par Nelly Sebastien

La scène s’est passée dans la cuisine, un soir tout simple. Mon fils cherchait une réponse sur son téléphone. Trois secondes plus tard, il l’avait déjà trouvée. Je l’ai regardé faire et je lui ai dit en souriant : «Tu sais que quand j’avais ton âge, pour trouver une information, il fallait aller à la bibliothèque. » Il m’a regardée avec ce mélange de curiosité et d’incrédulité qu’ont les enfants quand ils ont l’impression qu’on leur parle d’un autre siècle.

Et d’une certaine manière, c’est un peu le cas. Je suis née dans les années 1980, dans un monde où Internet n’existait pas encore dans nos vies quotidiennes. Les téléphones portables n’étaient pas dans nos poches. Quand on appelait un ami, on tombait souvent sur ses parents. Et quand on voulait regarder une émission, il fallait attendre qu’elle passe à la télévision. Ce n’était ni mieux ni pire. C’était simplement un autre rythme.

Quand l’ennui nous rendait créatifs
Avec le recul, je me rends compte que cette époque nous a appris certaines choses presque sans qu’on s’en rende compte. On apprenait à attendre. À chercher. À parfois ne pas trouver tout de suite. Quand on s’ennuyait, il fallait inventer quelque chose : un jeu, une sortie, une discussion. L’ennui faisait partie du paysage, et il nous poussait souvent à être créatifs. Mon fils, lui, grandit dans un monde très différent. Un monde où presque tout est accessible immédiatement. Une musique, une vidéo, une réponse à une question, une conversation avec quelqu’un à l’autre bout du monde. Ce n’est pas une faiblesse, c’est même une chance incroyable. Les outils auxquels ils ont accès ouvrent des possibilités que nous n’aurions jamais imaginées à leur âge.

Décalage de génération qui crée des incompréhensions silencieuses
Mais parfois je me demande si le véritable défi de leur génération n’est pas ailleurs. Peut-être qu’au milieu de cette abondance l’apprentissage le plus précieux reste celui que notre époque nous a transmis presque par défaut : la patience. La capacité à accepter que tout ne soit pas instantané, que certaines choses prennent du temps. Il m’arrive d’ailleurs de constater que ce décalage crée des incompréhensions silencieuses. Nous interprétons leur présence sur un écran comme un retrait, alors qu’il s’agit souvent d’un autre mode de lien. Ils échangent, ils jouent et ils apprennent simplement différemment. De leur côté, ils perçoivent parfois nos remarques comme une critique de leur monde, alors que nous cherchons surtout à préserver une forme d’équilibre. Entre ces deux perceptions, il y a surtout un besoin de dialogue plus que de comparaison.

Transmettre tout en étant capable d’apprendre
Leur génération a développé une curiosité et une agilité face au monde qui force l’admiration. Ils apprennent vite, explorent vite, comprennent des systèmes qui nous semblaient autrefois compliqués. Ils évoluent dans un univers beaucoup plus vaste que celui que nous avions à leur âge.
Finalement, ce que nous appelons parfois un choc entre générations ressemble davantage à une rencontre entre deux manières de grandir. La nôtre, façonnée par le manque de certaines choses. La leur, façonnée par l’abondance. Et entre les deux, il y a ce rôle un peu particulier que nous avons en tant que parents : transmettre ce que notre époque nous a appris, tout en restant capables d’apprendre de la leur.

Peut-être que l’enjeu n’est pas de savoir si c’était mieux avant ou si c’est mieux aujourd’hui. Peut-être que l’enjeu est simplement d’apprendre à relier ces deux mondes. Parce que c’est souvent à cet endroit-là, entre expérience et nouveauté, que les générations se comprennent le mieux.

 

Pour aller plus loin

Repensez à votre enfance et à une chose qui n’existait pas encore à l’époque mais qui vous semble pourtant totalement normale dans votre quotidien. Puis observez les enfants ou les adolescents d’aujourd’hui. Qu’est-ce que leur monde leur apporte de nouveau ? Et qu’est-ce que votre expérience pourrait encore leur transmettre ? Ces échanges entre générations sont souvent plus riches qu’on ne l’imagine.

Si vous souhaitez prendre du recul sur ces transitions de vie et avancer avec plus de clarté, vous trouverez des ressources et des accompagnements sur : www.nscoaching.ch

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Repensez à votre enfance et à une chose qui n’existait pas encore à l’époque mais qui vous semble pourtant totalement normale dans votre quotidien. Puis observez les enfants ou les adolescents d’aujourd’hui. Qu’est-ce que leur monde leur apporte de nouveau ? Et qu’est-ce que votre expérience pourrait encore leur transmettre ? Ces échanges entre générations sont souvent plus riches qu’on ne l’imagine.

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