Les mardi 31 mars, mercredi 1er avril et jeudi 2 avril (19 h 30), le pianiste français Alexandre Kantorow donnera 3 récitals publics à la salle de musique, enregistrés pour un futur album prometteur. Ce nom vous dit quelque chose, c’est bien possible que vous fassiez partie des 1,5 milliard de personnes qui ont suivi la cérémonie des Jeux olympiques de Paris, en juillet 2024.
En 2019, à seulement 22 ans, Alexandre Kantorow est le premier pianiste français à remporter le premier prix du prestigieux concours Tchaïkovski, ainsi que le grand prix du même concours, une distinction exceptionnelle qui n’a été attribuée que 3 fois dans l’histoire du concours… Le pianiste se produit sur les scènes les plus renommées à travers le monde et cela l’a mené à l’historique ouverture des JO de Paris où il interprétait Ravel, vue sur la tour Eiffel. Dernièrement, Alexande Kantorow a gagné le Gramophone Piano Award 2025 avec un disque Brahms / Schubert enregistré… dans notre salle de musique chaux-de-fonnière !
Un lien fort avec la salle de musique
« Déjà petit, j’entendais parler de la Chaux-de-Fonds et de la qualité de l’acoustique de sa salle de musique. Il y a quelques années, on a eu envie d’y enregistrer un premier disque et j’ai été émerveillé par cette salle de concert qui ne comporte pas les pièges acoustiques qu’on pourrait trouver dans d’autres. Sur scène, on entend exactement la même chose que le public. » Il poursuit ensuite avec l’instrument qu’il utilisera : « Quelle chance d’y trouver le piano d’Arrau, j’en suis tombé amoureux, il a un timbre magnifique ! » Je le questionne enfin sur son choix de faire des enregistrements en public, est-ce que le stress n’est pas pire ainsi ? « Le fait d’enregistrer des concerts amène cette intensité du direct sur le disque. On réussit à capturer l’adrénaline au naturel, avec l’aide du public. »
Un voyage qui mélange les arts
Ces 3 concerts et ce disque offrent un programme plutôt hétéroclite. Je lui demande donc comment cela a été pensé : « Mon choix s’est fait autour d’une œuvre qui me tient à cœur, la Sonate pour piano n° 1 en fa mineur du compositeur russe Nikolai Medtner. Il est assez peu connu du grand public mais était tout de même un pilier du romantisme. C’est un hommage à Bach, Beethoven et Chopin. On retrouve le premier dans la construction contrapun-
tique des voix, le deuxième dans le passage de l’ombre à la lumière et le dernier dans la construction de mélodie à la Chopin. » Mais encore ? « La pièce de Bach que je joue est un arrangement de Liszt, on y trouve la liberté du romantisme et ça me plaît. Même si les œuvres n’ont pas de sens musicologique entre elles, elles proposent un voyage. C’est en accord avec le monde musical de l’époque, un monde d’ouverture, d’expansion, de paysages musicaux, de découvertes… On y mélange les arts. »
« Il y a plein de portes d’entrée et tout le monde finit par en trouver une. »
L’interview touche bientôt à sa fin, j’en profite pour une dernière question très ouverte en lui demandant ce que c’est que d’être musicien classique de nos jours : « Je pense qu’il y a une question d’héritage. Je compare cette musique à la littérature, tout est écrit et on ne laisse pas de place à l’improvisation. Être un musicien classique c’est garder cette littérature et la transformer en des concerts uniques. Le son sort directement du bois des instruments ! C’est peut-être difficile d’accès à cause de la longueur mais c’est une expérience qui est importante aujourd’hui, dans un monde toujours plus rapide. Je remarque aussi qu’il y a plein de portes d’entrée et que tout le monde finit par en trouver une. »



























