Où va le monde

Par Olivier Kohler

2026, annus horribilis

1 h 26 du matin dans le sous-sol du bar le Constellation. L’horreur absolue. L’une des pires tragédies qu’ait connues la Suisse. L’incendie de Crans-Montana n’a depuis laissé que peu de répit à la Suisse. Une crise diplomatique majeure avec l’Italie et des dégâts d’images colossaux. Le cauchemardesque incendie du car postal de Chiètres, suivis par le décrochage d’une télécabine dans le paysage enchanteur de la station de ski d’Engelberg, en ont rajouté une couche. Les catastrophes s’enchaînent et ravivent nos vulnérabilités. Guy Parmelin l’a bien compris. « La roche Tarpéienne est proche du Capitole. » La formule culte du président de la Confédération augure une année 2026 annus horribilis. Empêtré dans l’affaire des indemnités de chômage, toujours confronté au dossier explosif des tarifs douaniers avec les États-Unis, le conseiller fédéral avance en terrain miné. Sans compter la crise au Moyen-Orient et un contexte international toujours plus fragile et explosif. Des perspectives économiques inquiétantes aussi. Dans une tribune publiée dans le New York Times, Richard Bookstaber, ancien responsable au Trésor américain et observateur lucide des soubresauts de Wall Street, livre une analyse alarmiste. Celui qui avait anticipé et alarmé sur la crise financières mondiale des subprimes en 2008 redoute aujourd’hui l’imminence d’une crise encore plus grave avec « des signes de tensions systémiques inquiétants ». Dans son célèbre ouvrage A Demon of Our Own Design, l’économiste avait révélé la fragilité du système financier international. Les faits lui avaient donné raison. Désormais, il pointe du doigt les tensions géopolitiques extrêmes conjuguées à l’aveuglement d’un modèle boursier ultra dépendant d’un petit groupe de géants de la technologie.

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