Vincè la petite culotte, d’où te vient cet énigmatique pseudonyme ?
Vincè c’est mon prénom en corse. Et « la petite culotte » c’est plutôt un ancien nom de scène que je laisse derrière petit à petit. C’est en fait le nom d’un restaurant que j’ai créé à Bonifacio et où, pendant 3 ans, les gens venaient me voir chanter. Quand j’ai vendu le restaurant, j’ai gardé le nom.
Avec un nom osé, qu’est-ce que ça a changé dans ta carrière ?
Ça m’a un peu fermé des portes, oui. Pour moi, « la petite culotte » c’est plus féministe que vulgaire. Puisque les gens ne se sont pas arrêtés sur les paroles, le message n’a pas été compris. C’est dommage mais je suis en train de revenir sur mon pseudo.
En parlant de carrière, comment t’est venu ce lien au chant ?
J’ai fait toute ma jeunesse en Corse où c’était un loisir de chanter. On ne faisait que ça : chanter et chanter. Déjà à 14 ans, j’étais dans les bars avec une guitare. Je suis entré dans l’école de Natale Luciani, c’est le fondateur du groupe légendaire Canta que j’ai ensuite rejoint pour faire mes plus grosses scènes, dont l’Olympia.
En 2022, tu as signé une Goffa Lolita, qui a depuis dépassé les 110 milions de streams (disque de diamant) – c’est devenu un hymne des fêtes. Que cherches-tu à transmettre avec ce morceau ?
Ce qui m’a animé au départ, c’est l’air entêtant qui existait déjà. En fait, je l’ai repris d’une chanson paillarde corse qui s’appelle Goffa, ça veut dire laide. Le morceau n’est pas du tout en l’honneur de la femme. Ce qui m’a intéressé, ça a été de reprendre le refrain tout en redonnant à la « Lolita » qui est mentionnée la place qu’elle mérite : une femme forte, qui ne se laisse pas faire et qui est sûre d’elle. Ma plus grande fierté c’est qu’on ait réussi à transformer une chanson mysogine en quelque chose de populaire.
C’est une chanson vieille de 40 ans, qu’en est-il de son auteur ?
J’ai retrouvé les enfants du compositeur et je leur ai donné un pourcentage sur ma reprise. C’est magnifique, la boucle est bouclée. Rien ne me dit que dans 40 ans ma chanson ne sera pas à son tour has been et qu’on y réserve le même traitement.
Ton dernier album, Cantalo,est sorti le 17 avril dernier, en featuring avec Juanmih. Qu’est-ce qu’il se passe dans ce nouveau morceau ?
Mon ADN, ça a toujours été de mettre l’ambiance. J’ai habité à Cuba pendant quelques années et c’est dans leurs gênes de danser pendant des heures. Avec Juanmih, on a pris l’air des Démons de minuit avec la volonté de rendre ce monument au goût du jour. Les gens ont adoré, on a passé les 3000 passages radio, ça fait plaisir de voir que le morceau commence à être un réel succès. Pour l’instant, on a une cinquantaine de dates déjà signées, on en aura probablement 70 jusqu’à la fin septembre… C’est lunaire.




























