La Plage des Six Pompes, c’est une équipe de plus de 70 personnes qui s’activent en amont de l’événement, cumulant plus de 7000 heures de bénévolat. Elles sont rejointes par plus de 530 personnes (et 13 000 heures de bénévolat supplémentaires) durant le festival, permettant à une cinquantaine de secteurs de fonctionner. La Plage ce sont aussi des figures parmi lesquelles le chef de la programmation Manu Moser et la directrice Pauline Bessire. Nous les avons passés à la moulinette des questions-réponses.
Question piège d’entrée, vous êtes plutôt plage ou montagnes ?
Pauline : Plage !
Manu : La plage à la montagne bien sûr… (Bien joué !)
Savez-vous depuis combien de temps l’autre (Manu pour Pauline et Pauline pour Manu) œuvre pour le bien de l’événement ?
Manu : Pauline est « dedans » depuis qu’elle est née ! Elle était public puis archiviste amatrice et à un moment donné il était temps pour elle d’embrasser sa mission : devenir la directrice !
Pauline : Manu œuvre dans l’organisation depuis plus de 20 ans même s’il a toujours gravité autour il me semble. C’est notre archive vivante !
Savez-vous pourquoi La Plage s’appelle La Plage ?
Manu : Parce que si on l’avait appelée « la montagne des six pompes » c’était moins décalé à La Chaux-de-Fonds. Mais il fut un temps où l’on a réfléchi à appeler le festival « la face cachée de la lune de la promenade de la fontaine des six pompes » mais c’était trop long.
Pauline : La Plage fait référence à un endroit bien connu des vacanciers et au phénomène des vacances horlogères. Malheureusement, pas tout le monde n’avait les moyens de partir durant cette période et La Plage venait offrir une activité culturelle en libre accès pour celles et ceux qui restaient « coincé·es » à La Chaux-de-Fonds. Trente ans plus tard, les gens rentrent de vacances pour le festival et se déplacent même de loin pour découvrir La Chaux-de-Fonds. Anecdote bonus : un certain nombre de personnes nous demandent chaque année où est la vraie plage !
Quel spectacle vous dépêcherez-vous d’aller voir cette année ?
Manu : Mais comment voulez-vous que j’en choisisse un seul ? C’est vraiment cruel ! Je fais la programmation moi ! Bon allez… Je vais dire Mentir Lo Minimo de la Cie Alta Gama… Un vélo, 2 artistes de cirque, des performances… Et puis peu à peu une autre histoire se raconte. L’histoire de 2 corps hors normes. C’est intime, magnifique et terrible à la fois. Ouaip j’ai vraiment aimé ça !
Pauline : Par ma position dans l’organisation, je découvre presque en même temps que le public la programmation que nous concocte Manu chaque année. En relisant le programme, mon œil s’est arrêté sur Amours de la Muchmuche Company, car c’est un spectacle qui a beaucoup ému un de mes collègues et qui a l’air très touchant.
Comment percevez-vous votre rôle dans ce grand chapiteau à ciel ouvert et à rues ouvertes : maître·sse d’orchestre, serviteur du peuple, homme et femme de l’ombre, ambassadeurs de l’événement, révélateurs de talents, plagistes de luxe ?
Manu : Un petit peu tout ça à la fois… J’essaie d’aider la rencontre entre les artistes et le public, de partager ma passion pour les spectacles de rue et j’espère que j’aide les gens à faire la fête et à passer une semaine en dehors des tracas du quotidien. J’essaie aussi de passer un bon moment. On n’est pas là pour s’emmerder quoi !
Pauline : J’aime me décrire comme une tour de contrôle. Je suis spécialiste en rien mais j’en sais beaucoup sur tout. C’est surtout un travail collectif, à l’échelle d’une équipe et à l’échelle d’une ville. Dans une période où le dialogue et le partage ne sont plus des valeurs repères, La Plage est une respiration sociale d’une richesse folle mais qui est tellement fragile qu’il faut en profiter tant que c’est encore possible.

est la « tour de contrôle »
de La Plage (Joa Gresset)



























