Impossible de les manquer. On les entend avant de les voir. Survêtement rose aux accents des années 1980, banane à la taille, porte-voix à la main, les Gueuleureuses sont devenues en 2 éditions seulement certaines des silhouettes les plus reconnaissables de la Plage des Six Pompes. Leur rôle ? Accueillir, orienter et créer du lien entre le public, les artistes et les coulisses du festival.
Derrière leurs porte-voix et leurs survêtements roses, les Gueuleureuses prêtent l’oreille, guident les festivaliers et incarnent l’esprit de la Plage. À l’origine, Manu Moser, directeur de la Plage des Six Pompes, imagine une équipe de bonimenteurs d’aujourd’hui. Il confie ensuite le projet à Cédric Blacha, fondateur de la compagnie Take Care. Au détour d’une discussion, vient cette phrase : « À La Chaux-de-Fonds, on ne crie pas… On gueule. »
Leur scène : l’entier du festival !
Leur nom fait écho au parler local autant qu’à l’écriture inclusive. Costumes, personnages et identité ont été spécifiquement imaginés pour la Plage. Lorsqu’elles interviennent ailleurs, elles retrouvent leur nom d’origine : les Crieureuses. Derrière « les Roses », comme les surnomme désormais le public, se cache une équipe de 8 à 12 artistes venus de Suisse romande et de France, issus d’univers aussi variés que le clown, l’improvisation, le théâtre ou la musique. Leur scène, ce n’est pas un espace délimité : c’est le festival lui-même. « Les Gueuleureuses sont les oreilles du festival », résume Cédric Blacha. Des oreilles attentives, une présence discrète et un regard porté sur celles et ceux qui vivent le festival.
Des « Gueuleureuses » qui ne cherchent pas à voler la vedette
Elles annoncent, relaient, guident, soutiennent. Elles recueillent aussi ce qui se dit, se vit et se partage tout au long du festival. Si elles attirent inévitablement l’attention, elles ne cherchent jamais à voler la vedette. « Nous nous laissons solliciter. » Le théâtre de rue invite à la rencontre et fait tomber le quatrième mur, sans pour autant forcer l’échange. Chacun est libre de participer… ou simplement d’observer. Cédric Blacha aime parler du mot « spectacteur » (et pas seulement spectateur). C’est un spectateur qui, le temps d’un instant, devient aussi acteur de sa propre expérience. Porté par la compagnie Take Care, le projet place le « prendre soin d’autrui » au cœur de sa démarche.


























