Absinthe : la « clandestine » se cache à nouveau derrière la porte !

Par Kevin Vaucher

Interdite hier, cachée aujourd’hui ! On dirait bien qu’avec l’approche de la fin d’année, l’absinthe reprend goût à la clandestinité. Mais pas de panique ! La prohibition ne s’abat pas à nouveau sur cette troublante boisson, jugée illégale entre 1910 et 2005. Cette fois, la « clandestine » se met à couvert derrière 24 portes, sous la forme d’un calendrier de l’avent inédit, à la finition soignée. Attention, cette création de la Maison de l’absinthe, qui a tout d’un cadeau collector, est disponible en édition limitée.

Pour avoir une chance de poser la main sur l’un des calendriers de la Maison de l’absinthe, il ne va pas falloir rester caché trop longtemps. Pour cette grande première, seuls 500 exemplaires sont en train d’être produits. Et en parlant « produit » justement, il faut souligner le soin du détail apporté à cette création : « Notre graphiste s’est inspiré de plusieurs pièces d’art liées à l’absinthe. On y trouve notamment les plantes qui permettent sa production, l’alambic et la traditionnelle fontaine utilisée pour la déguster », plante Alexander Küttel de la maison môtisanne.

Une porte clandestine au goût d’interdit
Il n’y a pas que ça. Ce qui rend unique cet alcool, c’est son histoire. « La clandestinité de l’absinthe fait partie de son identité. La Fée verte a été interdite durant 95 ans. C’est quand même fou quand on y pense. » Même interdite, cela n’empêcha pas la production annuelle de 35 000 litres d’alcool dans le Val-de-Travers. Un cache-cache géant a ainsi eu lieu durant près d’un siècle avec la Régie fédérale. Ce goût d’interdit donna et donne encore une saveur particulière à cette boisson. La Maison de l’absinthe a eu la judicieuse audace de cacher ce parfum de clandestinité dans son calendrier de l’avent. Sans vendre la mèche, on peut vous dire qu’une porte clandestine pourrait bien vous conduire jusqu’à de belles surprises… Mais gardez bien le secret pour vous flibustiers !

Vingt-quatre portes pour 24 recettes différentes
En plus de ces surprises, le calendrier englobe un verre et une cuillère à absinthe. Évidemment, les
24 portes officielles s’ouvrent vers des mignonettes remplies de 4 à 5 cl de « liquide ». « Il y a 21 absinthes blanches et 3 absinthes vertes, proposées par 15 distillateurs vallonniers différents. Derrière une porte se cache par exemple la plus vieille recette connue du breuvage. Elle date de 1881 et on la doit à la famille Virgilio. » Petite colle en passant : savez-vous pourquoi il y a beaucoup moins d’absinthe verte (obtenue grâce à une étape supplémentaire de macération) que d’absinthe blanche ? Alexander Küttel vous répond : « Les blanches ont été privilégiées pendant la clandestinité pour tromper plus facilement les autorités et les rendre visuellement assimilables avec d’autres spiritueux. »

« L’absinthe ne vous rend pas fou, elle vous rend ivre. »
Aujourd’hui, il existe une multitude de distillateurs et de variétés d’absinthe. C’est cette grande richesse qui a déclenché l’idée de les réunir dans un calendrier de l’avent. Il est disponible sur place ou en ligne (via la plateforme « shop.maison-absinthe.ch ») au prix de 239 francs. Un certain coût en lien avec la nature du produit. « Et en y regardant de plus près, cela équivaut à moins de 10 francs par porte, avec un verre, une cuillère et des surprises. » Le produit offre aussi un volet historique et pédagogique au verso avec des informations sur la recette originale (avec 5 plantes), des éléments historiques et une touche d’humour qui ajoute que « l’absinthe ne vous rend pas fou (comme cela était soupçonné par le passé), elle vous rend ivre. »

Cette ivresse pourrait s’exporter jusqu’au Royaume-Uni, d’où certaines commandes ont déjà été passées. Les entreprises bénéficient par ailleurs de rabais de groupe. Chers employés neuchâtelois, vous n’êtes donc pas à l’abri d’une bonne surprise de votre patron en fin d’année…

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