À force d’avoir toujours été « pas assez », Julien Borloz a fini par en avoir trop !
Au quotidien, il est parfois difficile de savoir instinctivement si on est « assez » ceci ou « trop » cela. Que ce soit au boulot,à la maison, dans ses relations ou encore au sport, l’estime de soi et la satisfaction personnelle se construisent souvent à travers l’évaluation d’autres personnes.
C’est notamment ce qui les rend particulièrement fragiles. Cette réalité, Julien Borloz l’expérimente tant dans son costume de psychologue que dans celui de père de famille.
Ce livre a d’ailleurs été écrit pour sa fille, avec l’idée de lui faire comprendre que sa valeur ne dépend pas des autres.
« Je me souviens d’être arrivé chez moi un jour après l’école avec une belle note de 5,5. On m’a alors répondu que la meilleure note était 6 et non pas 5,5 », dépose Julien Borloz. Cette phrase, à laquelle il ne s’attendait pas, reste ancrée en lui. « Je pense que cela partait d’une bonne intention et que c’était pour me donner une motivation supplémentaire. Mais du coup, je n’ai eu aucune valorisation de mon travail sur cette fois-là. » Et sans valorisation, un enfant ne peut pas bâtir une estime de soi solide pour son avenir.
À l’époque, une façon de faire contre-productive ?
Cet exemple est révélateur de la difficulté à grandir sur ce plan-là : « L’estime de soi s’érige depuis tout petit et dépend donc initialement de nos parents. J’ai 36 ans et la génération avant la mienne avait une autre façon de voir les choses,
une éducation plus à la dure. Personnellement, on me disait fréquemment que je n’étais pas assez ceci ou cela. C’était probablement pour me pousser à en faire toujours davantage. Mais on s’aperçoit aujourd’hui que cette façon de faire peut être contre-productive sur la le long terme. » Pour être encore plus clair, on peut dire que, par définition, un enfant est « en construction » et qu’il n’interprétera pas forcément la phrase « tu n’es pas assez » comme un encouragement caché. Il l’apparentera plus naturellement à une critique.
La valorisation est aussi un encouragement
« Dans mon cabinet, je rencontre chaque jour des personnes intelligentes, sensibles et engagées… qui vivent pourtant avec cette croyance silencieuse de ne pas être assez bien. J’ai écrit ce livre pour comprendre cette souffrance, mais aussi pour transmettre autre chose » décortique le psychologue, fort de plus de 10 ans d’expérience. Cette « autre chose », c’est ce qu’il entend donner à sa jeune fille à travers son éducation. « Qu’on se comprenne bien, je ne suis pas en train d’expliquer qu’il faut toujours dire que ce que fait un enfant est formidable. Si le résultat n’est pas celui attendu, on peut simplement lui dire qu’il a encore une marge de progression par exemple. » Il en sortira valorisé tout en comprenant qu’il peut faire encore mieux. Reste une question en suspens : ai-je été assez bon pour vous donner envie d’ouvrir le livre de Julien Borloz ?



























