Le meilleur Gruyère AOP du canton est… Sagnard !

Kevin Vaucher

Le Ô était au cœur de l’événement durant cette matinée du 5 octobre puisqu’il faisait partie des 17 membres du jury qui avait la savoureuse responsabilité d’élire le meilleur Gruyère AOP neuchâtelois. La lutte a été totale entre les 7 fromages présélectionnés auprès de 6 fromageries cantonales différentes. Au final, c’est le travail de Karyl Sauser – de la fromagerie de la Sagne – qui a été récompensé. « La Vallée » ressort doublement auréolée puisque le Gruyère des Ponts-de-Martel arrive deuxième, à peine 3.5 points derrière. Vainqueure l’an dernier, la fromagerie de Chézard-Saint-Martin complète le podium. Récit !

Journalistes, restaurateurs, politiciens et politiciennes ou gastronomes : ils étaient tous réunis autour d’une même mission : désigner le roi des Gruyères AOP neuchâtelois. Devant eux, ils avaient 7 fromages différents de « 10 mois d’âge ». « Cet affinage permet déjà de donner du caractère au fromage sans qu’il ne soit trop salé », explique Christophe Magne, responsable « contrôle qualité » de l’Interprofession du Gruyère AOP. Pour avoir la chance d’être goûtés par le jury, ils devaient tous afficher une moyenne de taxation supérieure ou égale à 19 sur 20 sur l’ensemble de l’année 2025.

Juger la texture, l’apparence et le goût

Pour les départager, c’est le palet et les goûts du jury qui ont fait la différence. « Un bon Gruyère passe par sa texture et ses saveurs. Il doit offrir une petite résistance sous la dent mais fondre rapidement en bouche, sans coller au palet », poursuit Christophe Magne. Déposés les un derrières les autres sur des tables alignées, les 7 produits en course provenaient du Cerneux-Péquignot, des Ponts-de-Martel, de Chézard-Saint-Martin (bio et traditionnel), de la Sagne, de la Côte-aux-Fées et des Bayards. Le jury devait noter chaque fromage sur sa pâte (texture, apparence) et sur son goût : 6 étant juste satisfaisant et 10 étant carrément parfait. « J’ai été très sévère avec le numéro 3 mais j’ai mis 10 sur 10 sur toute la ligne au numéro 7 », nous confiait sous le manteau Elodie Moulins, pour Le Ô.

Le tenant du titre hors-jeu pour la gagne

Un autre membre du jury bondissait immédiatement pour faire savoir qu’il n’avait « pas été convaincu par le numéro 7. » Aïe ! Voilà qui peut-être coûté cher au Gruyère traditionnel de Chézard-Saint-Martin qui portait le numéro 7 (finalement troisième du classement). Sur les visages, les rires et les sourires ont laissé place à la concentration et au sérieux. Le silence a plané en maître pendant le temps de la dégustation. Certains se sont même isolés pour pousser l’analyse jusqu’au bout et se couper de toutes influences. En laissant trainer mon regard sur les feuilles de notations, je m’aperçois rapidement que les écarts se creusent entre les mieux et les moins bien notés. Deux Gruyères se trouvent au coude à coude pour la gagne.

Le gagnant vient partager la fondue avec le jury

Je romps alors le silence pour demander l’avis d’un goûteur : ça donne quoi ? « Le numéro 4 est clairement mon préféré. » Bonne ou mauvaise pioche ? Le numéro 4 est celui de Karyl Sauser de la fromagerie de la Sagne. L’un des producteurs de lait de cette fromagerie fait justement partie du jury. Quel est son avis ? « Je n’ai pas reconnu le Gruyère de Karyl mais le 2 et le 4 ont mes préférences. On verra bien… » Quelques minutes plus tard, le grand vainqueur est annoncé par Yann Huguelit, directeur de la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture, organisatrice de l’événement, en collaboration avec l’Interprofession du Gruyère et Neuchâtel Vins et Terroir : « Le meilleur Gruyère AOP neuchâtelois est celui de Karyl Sauser. » Aussitôt récompensé, l’homme a été invité à venir partager le repas de midi avec le jury au restaurant L’Ecureuil. Au menu… fondue évidemment !

© kva
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