Fin novembre 2024, Laurent Stofer a quitté sa fonction de chef de section au service d’incendie et de secours des Montagnes neuchâteloises après 32 ans de carrière. Les costumes de policier, de pompier professionnel et d’ambulancier ont notamment jalonné sa carrière et son vestiaire. Fraîchement intronisé dans sa retraite méritée, il nous ouvre sa boîte à souvenirs.
Cette plongée mémorielle débute avec un Mickey pompier en peluche. « Je l’ai reçu pour mon premier anniversaire en 1967. Je ne savais pas encore que j’allais devenir pompier à mon tour. » Joli clin d’œil. Plus profond dans la caisse, on trouve le badge du brevet jeunesse de la Société suisse de sauvetage (SSS), obtenu en 1978. « La réanimation se faisait sur une planche, de façon rudimentaire. Là encore, l’histoire est belle car je suis devenu président de section de la SSS par la suite. »
Déclic professionnel lors d’un tour du monde
Un peu plus loin, surprise : un bout de Gruyère… « Oh oui, le fromage est lié à un autre chapitre de ma vie », rigole-t-il. « Durant 8 ans, j’ai bourlingué à travers la Suisse avec mon épouse pour faire des fromages et des yogourts puis je suis parti faire le tour du monde avec mon épouse. C’est lors de ce voyage que je décide de changer de vie et de devenir secouriste. À cette époque, pas d’informatique. Il a fallu écrire une lettre depuis la Thaïlande pour demander des renseignements avec en retour une adresse à la General Post Office de Sydney. Arrivés en Australie, le courrier était là. » Sagement en train d’attendre !
Membre de la première unité de débriefing émotionnel
Laurent Stofer suit alors l’école de police puis intègre la police locale et travaille ensuite à police secours. « Et puis, je peaufine mes connaissances des 3 métiers qui me fascinent et me passionnent : policier, pompier et ambulancier. Des années incroyables ! En 1998 j’ai la chance d’intégrer la première unité de débriefing émotionnel. J’en ai finalement fait partie pendant 13 ans et ce furent les meilleures formations que j’ai effectuées durant ma carrière. » En 2001, le service d’incendie et de secours des Montagnes neuchâteloises est créé et il en devient sergent.
Tremblements de terre : du matériel envoyé au Chili
L’homme d’engagement sort soudainement un dessin d’ambulance. Son visage s’attendrit : « Nous avons mis en place des démonstrations en caserne pour apprendre les gestes de premier secours aux élèves. Une bien belle initiative. » Puis un gilet du Chili lui rappelle ces échanges productifs avec les pompiers d’Amérique du Sud où du matériel helvétique a notamment été utilisé lors de tremblements de terre. « Lors de mes 32 années de carrière, j’ai eu la chance de visiter des casernes dans des pays pauvres et moins pauvres. À chaque retour je me disais qu’on avait de la chance de travailler avec un outil de travail si performant ici. »
Absences familiales douloureuses pour le bien commun
La boîte se vidant petit à petit, auriez-vous d’autres souvenirs non-matériels à partager ? « Oui, tous ces jours de travail au service de la population. Des milliers d’interventions qui resterons dans ma tête et qui ont marqué mon corps et mon esprit à jamais. J’aimerais encore piocher ces chocolats Merci pour dire merci à ma famille d’avoir accepté mes horaires irréguliers, le week-end, la nuit, à Noël ou Nouvel An ou même pendant les spectacles de Noël de mes filles. » Avec le bien commun pour résultat : une vie sauvée ou un immeuble préservé des flammes. Ainsi va la vie des héros du quotidien…