Valse à 4 temps !

Par Anthony Picard

Pour éviter le passage à haut risque devant le peuple, le Conseil d’État a dévoilé juste avant les vacances un paquet de mesures favorisant le pouvoir d’achat. Préoccupé par les 110 millions de francs que coûteraient ces initiatives, le gouvernement propose un paquet fiscal à 60 millions pour limiter l’impact sur les finances publique. L’automne s’annonce chaud-bouillant sachant qu’à gauche comme à droite on veut faire triompher ses idées.

Assurance-maladie : limiter les primes à 10 % du revenu imposable (PS)
L’initiative du PS veut limiter le coût des primes à 10 % du revenu du citoyen ; l’État prenant à sa charge le surplus de la facture de la caisse-maladie. Selon la projection, la douille pour les collectivités serait comprise entre 31,1 et 35,2 millions de francs.

La réponse préparée par les services du canton, qui profiterait aux bénéficiaires actuels et s’étendrait à d’autres, coûterait 19,2 millions dont 7,6 millions à charge des communes.

Assurance-maladie : augmenter les déductions fiscales (PLR)
L’initiative du PLR veut revoir les montants déductibles par le citoyen sur sa feuille d’impôts.

Le coût de l’initiative à la charge du porte-monnaie cantonal est estimé à 37,4 millions de francs.

Dans son projet, le gouvernement prévoit d’augmenter les déductions et de donner un coup de pouce supplémentaire en faveur des bas revenus pour un total de 13,2 millions de francs.

Abolir l’impôt sur les successions : exception dans 3 cantons dont Neuchâtel (PLR)
L’initiative du PLR propose de supprimer les droits de succession, un impôt jugé archaïque qui frappent les héritiers de la première parentèle à Neuchâtel, en pays vaudois et en Appenzell (AR).

Le Conseil d’État propose d’exonérer de l’impôt les 750 000 premiers francs. Alors que l’initiative priverait l’état de 9 millions de francs, le paquet proposé limiterait la perte à 5,4 millions de francs.

Moins d’impôts dans le canton de Neuchâtel (PLR)
Cette 4e et dernière initiative déposée par la droite est en cours de validation. Son but, faire baisser par paliers les impôts de 10 % jusqu’en 2030.

Après cet été « caniculaire », Le Ô a questionné les présidents des partis pour faire le point.

Le président du PLR reconnaît que 3 initiatives du PLR c’est plutôt rare (photo dr)

Francis Krähenbühl PLR
Le PLR salue la démarche du Conseil d’État qui englobe 3 initiatives dans son rapport. « D’ajouter au rapport la 4e qui vise à baisser l’impôt de 10 % d’ici 2030 » participe à la volonté du gouvernement d’augmenter le pouvoir d’achat», précise le président. À titre personnel, le citoyen des Hauts-Geneveys apprécie le rapport de l’exécutif parce qu’il soutient les personnes de condition modeste. Cependant, « un coup de pouce supplémentaire à l’égard de celles et ceux qui financent par leurs impôts le ménage cantonal serait le bienvenu en soulignant que, face à ses voisins, l’attractivité du canton doit aussi être fiscale ».

Avez-vous décidé de la réponse du PLR ?
Non mais nous savons que, face à la proposition du gouvernement, des discussions entre partis s’imposent. Si les socialistes ne sont pas satisfaits du contre-projet qui limite selon les calculs les primes à 13 %, nous ne sommes pas davantage enthousiastes du faible effort proposé pour la déduction en matière d’assurance-maladie.

Comment voyez-vous les choses ?
Notre objectif est de trouver un accord et c’est dans cet esprit que nous sommes prêts à discuter pour trouver une solution satisfaisante. Revoir les pourcentages que représente une initiative par rapport à l’autre et arriver au compromis me semble être une voie à suivre pour le volet « assurance-maladie ». En matière d’impôt sur les successions, la proposition reçue devrait participer à rendre le canton plus attractif. C’est une bonne chose mais nous regrettons que le Conseil d’État n’ait pas simplement abandonné cet impôt.

Pourquoi ne pas empoigner la hausse des primes d’assurance-maladie en amont ?
Francis Krähenbühl affirme que le temps est venu d’empoigner le taureau par les cornes et de mettre en place une organisation des soins performante. « Ce sujet tabou, trop souvent esquivé, passe par des réformes. Par exemple, Bienne a engagé un processus de séparation des activités ambulatoires et stationnaires, il est temps de nous inspirer de ce qui marche ailleurs ! »

 

Le socialiste ne ferme pas la porte au dialogue (photo Muriel Antille)

Romain Dubois PS
Le président du PS admet que l’idée de répondre aux initiatives dans un même rapport a du bon. Cependant, il lui semble primordial, avant d’ouvrir la discussion, de mentionner 2 points essentiels. Le premier, revoir le paquet pour qu’il profite davantage aux classes populaires et moyennes. Le second, inclure dans le deal la 4e initiative du PLR visant à diminuer les impôts de 10 %, afin de trouver un accord global interpartis.

Avez-vous décidé de la réponse du PS ?
Non mais elle ne peut être que globale puisque, acceptées séparément par le peuple, les initiatives signifieraient la faillite de l’état. Mises ensemble, les 3 initiatives du PLR coûteraient nettement plus cher que de limiter les primes maladie à 10 % du revenu. Trouver un accord global oui, mais pas à n’importe quel prix et dans l’objectif d’améliorer le pouvoir d’achat des moins bien lotis.

Comment voyez-vous les choses ?
Après la phase des contacts informels viendra l’heure des échanges institutionnels à travers les commissions. Même si, formellement, la validation de la 4e initiative n’est pas attendue avant plusieurs mois, nous préparerons le terrain pour que le Grand Conseil soit en mesure de traiter le contre-projet du gouvernement début 2026.

Pourquoi ne pas empoigner la hausse des primes d’assurance-maladie en amont    ?
Discuter de mesures pour améliorer le pouvoir d’achat ne veut pas dire que l’organisation des soins ne doit pas être revue. Que ce soit notamment sous l’impulsion de Laurent Kurth ou Frédéric Mairy, le parti socialiste n’a pas attendu pour améliorer l’efficience du système de santé. Le département travaille sur l’architecture du système de soins neuchâtelois avec les institutions. Je rappelle aussi que la LAMal est une loi fédérale et que la marge des cantons est limitée.

Le président du PLR reconnaît que 3 initiatives du PLR c’est plutôt rare (photo dr)

Francis Krähenbühl PLR
Le PLR salue la démarche du Conseil d’État qui englobe 3 initiatives dans son rapport. « D’ajouter au rapport la 4e qui vise à baisser l’impôt de 10 % d’ici 2030 » participe à la volonté du gouvernement d’augmenter le pouvoir d’achat», précise le président. À titre personnel, le citoyen des Hauts-Geneveys apprécie le rapport de l’exécutif parce qu’il soutient les personnes de condition modeste. Cependant, « un coup de pouce supplémentaire à l’égard de celles et ceux qui financent par leurs impôts le ménage cantonal serait le bienvenu en soulignant que, face à ses voisins, l’attractivité du canton doit aussi être fiscale ».

Avez-vous décidé de la réponse du PLR ?
Non mais nous savons que, face à la proposition du gouvernement, des discussions entre partis s’imposent. Si les socialistes ne sont pas satisfaits du contre-projet qui limite selon les calculs les primes à 13 %, nous ne sommes pas davantage enthousiastes du faible effort proposé pour la déduction en matière d’assurance-maladie.

Comment voyez-vous les choses ?
Notre objectif est de trouver un accord et c’est dans cet esprit que nous sommes prêts à discuter pour trouver une solution satisfaisante. Revoir les pourcentages que représente une initiative par rapport à l’autre et arriver au compromis me semble être une voie à suivre pour le volet « assurance-maladie ». En matière d’impôt sur les successions, la proposition reçue devrait participer à rendre le canton plus attractif. C’est une bonne chose mais nous regrettons que le Conseil d’État n’ait pas simplement abandonné cet impôt.

Pourquoi ne pas empoigner la hausse des primes d’assurance-maladie en amont ?
Francis Krähenbühl affirme que le temps est venu d’empoigner le taureau par les cornes et de mettre en place une organisation des soins performante. « Ce sujet tabou, trop souvent esquivé, passe par des réformes. Par exemple, Bienne a engagé un processus de séparation des activités ambulatoires et stationnaires, il est temps de nous inspirer de ce qui marche ailleurs ! »

 

Le socialiste ne ferme pas la porte au dialogue (photo Muriel Antille)

Romain Dubois PS
Le président du PS admet que l’idée de répondre aux initiatives dans un même rapport a du bon. Cependant, il lui semble primordial, avant d’ouvrir la discussion, de mentionner 2 points essentiels. Le premier, revoir le paquet pour qu’il profite davantage aux classes populaires et moyennes. Le second, inclure dans le deal la 4e initiative du PLR visant à diminuer les impôts de 10 %, afin de trouver un accord global interpartis.

Avez-vous décidé de la réponse du PS ?
Non mais elle ne peut être que globale puisque, acceptées séparément par le peuple, les initiatives signifieraient la faillite de l’état. Mises ensemble, les 3 initiatives du PLR coûteraient nettement plus cher que de limiter les primes maladie à 10 % du revenu. Trouver un accord global oui, mais pas à n’importe quel prix et dans l’objectif d’améliorer le pouvoir d’achat des moins bien lotis.

Comment voyez-vous les choses ?
Après la phase des contacts informels viendra l’heure des échanges institutionnels à travers les commissions. Même si, formellement, la validation de la 4e initiative n’est pas attendue avant plusieurs mois, nous préparerons le terrain pour que le Grand Conseil soit en mesure de traiter le contre-projet du gouvernement début 2026.

Pourquoi ne pas empoigner la hausse des primes d’assurance-maladie en amont    ?
Discuter de mesures pour améliorer le pouvoir d’achat ne veut pas dire que l’organisation des soins ne doit pas être revue. Que ce soit notamment sous l’impulsion de Laurent Kurth ou Frédéric Mairy, le parti socialiste n’a pas attendu pour améliorer l’efficience du système de santé. Le département travaille sur l’architecture du système de soins neuchâtelois avec les institutions. Je rappelle aussi que la LAMal est une loi fédérale et que la marge des cantons est limitée.

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