Et si le danger venait de l’intérieur ?
« Vladimir Poutine est un prédateur, un ogre à nos portes qui a besoin de continuer de manger pour sa propre survie. » La sombre prédiction d’Emmanuel Macron, révélée au cours d’un entretien avec Darius Rochebin, a des relents de guerre froide. Appelant ses Européens à « ne pas être naïfs face à la Russie qui sera durablement une puissance de déstabilisation », le président français agite le spectre de l’impérialisme du Kremlin et le risque de voir la guerre se prolonger bien au-delà des ténèbres du Donbass. Après la rencontre au sommet en Alaska, tout paraît acté. L’Europe se méfie d’un improbable accord de paix imposé par Moscou et Washington – assimilé à une future capitulation de l’Ukraine. Isolée sur la scène internationale avec ce nouvel ordre mondial naissant, marquant une rupture du soutien américain à ses alliés européens avec pour perspective une potentielle défaite de l’Occident dans la tragédie ukrainienne. Dénonçant une forme de frénésie guerrière destinée à masquer les difficultés réelles du pays, l’opposition française accuse le président Macron de faire diversion, concentrant l’essentiel de ses efforts sur la scène internationale. Avec le départ programmé de François Bayrou, la France risque d’être confrontée à une situation d’ingouvernabilité, faute de trouver une majorité pour avaliser un plan d’austérité urgent. Et si le danger venait de l’intérieur et non pas d’un conflit continental illusoire, avec des chars russes paradant sur les Champs-élysées ? C’est la thèse avancée par un professeur de la prestigieuse faculté londonienne du King’s College. Pour David Betz, c’est plutôt une guerre civile qui menace la France et plusieurs pays européens en déclin. À l’affaiblissement de l’ordre démocratique s’ajoute la menace d’une fracture économique et sociale grave, marquée par un désenchantement profond à l’égard des élites politiques, que l’auteur accuse de « vivre hors sol, incapables de saisir l’ampleur des défis et d’y apporter des réponses tangibles ».