Entre « exception chaux-de-fonnière » et stabilité

Par Anthony Picard, Cédric Dupraz et Kevin Vaucher

Les chiffres parlent d’eux-mêmes dit-on ! Oui mais certains sont davantage scrutés que d’autres, notamment lorsqu’il s’agit d’indicateurs sur le capital séduction de nos régions. Ceux de la démographie viennent de tomber et le canton a gagné un tout petit millier d’habitants (853) sur un an, ce qui lui permet de passer le cap des 180 000. Dans les Montagnes, la dynamique globale est positive avec 5 communes sur 9 à la hausse. Focus sur les 2 principaux enseignements.

1. Démographie galopante à La Chaux-de-Fonds !
Elles sont derrière nous, les années où la neige s’entassait, où la charge fiscale prenait le dessus et provoquait un exode massif vers l’herbe « plus verte » des communes voisines. Pour la quatrième année consécutive, la ville de La Chaux-de-Fonds séduit par son attractivité. Climat favorable et investissements massifs dans la rénovation et dans de nouvelles infrastructures : la métropole attire même lorsque l’économie s’enrhume.

Très large majorité de Français
La plus forte hausse démographique du canton de Neuchâtel est enregistrée à La Chaux-de-Fonds. Parmi les 277 nouveaux résidents inscrits, 134 viennent de l’Hexagone, 47 d’Ukraine, 10 d’Espagne et autant de Suisse. Parmi ces nouveaux citoyens, certains viennent pour travailler et d’autres pour profiter d’une retraite agréable. « Je suis venu parce qu’on y trouve des biens immobiliers de qualité, un climat exceptionnel et une offre culturelle alléchante », nous confiait le météorologue Martin Beniston, ancien membre du GIEC, venu s’établir avec son épouse à 1000 mètres d’altitude.

L’attractivité ne se décrète pas, elle se bâtit.
Avec ses mégaprojets en cours de réalisation, terminés ou à venir, la ville a encore de belles cartes à jouer pour asseoir son attractivité. « Il y a peu encore, l’absence de renouveau dans les infrastructures, les difficultés économiques, une sorte de voyage dans un tunnel sans fin, écornaient l’image de la ville et transformaient une fiscalité à peine plus lourde qu’ailleurs en tare irréversible », confie Théo Huguenin-Élie. Pour le conseiller communal, ces temps sont révolus et certains signes ne trompent pas. « Alors que le solde migratoire a toujours été influencé par la conjoncture, ça fait deux ans que la population augmente malgré les difficultés économiques. » Le pari de la réorientation industrielle – moins dirigée vers l’horlogerie – est-il gagné ? Affaire à suivre.

Ici c’est La Chaux-de-Fonds !
Vivre sous le brouillard pendant plusieurs mois, être assommé par le coût des loyers ou habiter des communes dortoirs sans infrastructures, mal desservies par les transports publics, une réalité pour une partie des 180 000 habitants du canton. « La logique est implacable et ne répond pas qu’aux critères économiques, à la météo ou à l’offre culturelle. Rester ou venir s’établir répond à l’attractivité objective que la ville suscite », ajoute le président de la ville. La Chaux-de-Fonds, une commune qui sort du tunnel et qui devrait continuer de séduire ici et ailleurs.

2. Une stabilité relative partout ailleurs
La stabilité est de mise dans les autres communes des Montagnes. Preuve en est : si on additionne les pertes consenties au Locle (-5), à
La Brévine (-10), à La Chaux-du-Milieu (-2) et aux Planchettes (-13) et qu’on les compare aux nouveaux habitants du Cerneux-Péquignot (+4), de La Sagne (+14), de Brot-Plamboz (+3) et des Ponts-de-Martel (+3), le solde est à peine défavorable (-6). Au Locle, le président de la ville Michaël Berly rappelle que la domiciliation dans nos régions est étroitement liée à la conjoncture économique. Il s’agit dès lors de travailler sur des éléments structurels : « La réhabilitation d’Hôtel de ville 7 (l’ancienne école d’ingénieurs), la transformation du centre de la cité, en lien avec la route de contournement, et la campagne de domiciliation devraient favoriser notre attractivité dans les prochaines années. »

 

Une image bien trompeuse de la Chaux-de-Fonds. L'ensoleillée place du Marché est un atout et un symbole du renouveau de l'attractivité de la Métropole horlogère selon les autorités. (photo ap)
Une image bien trompeuse de la Chaux-de-Fonds. L'ensoleillée place du Marché est un atout et un symbole du renouveau de l'attractivité de la Métropole horlogère selon les autorités. (photo ap)

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