Replongeons-nous dans les années 1900. Le bois, le charbon puis le gaz (un peu plus tard) constituent les différentes façons de se chauffer. Mais, en 1926, à 1000 mètres d’altitude, une petite révolution va soudainement tout changer. Le premier chauffage à distance du pays est installé à La Chaux-de-Fonds grâce à une idée totalement visionnaire : profiter de la vapeur émise par les énormes machines de l’usine électrique – alors perdue au milieu des champs – pour offrir une solution de chauffage collective. Cent ans plus tard, Viteos (en collaboration avec Vadec) l’utilise encore comme levier stratégique pour atteindre ses objectifs climatiques et renforcer notre indépendance énergétique.
Dans ce dernier volet de cette série, Le Ô vous propose de mettre en valeur ce joyau qui offre une énergie propre et locale à travers son histoire, des anecdotes et les gages d’avenir d’un centenaire qui n’a rien d’un fossile et qui permet même de s’éloigner de… l’énergie fossile justement.
Anecdote numéro 5 : 200 km de conduites sous nos pieds mais pas que…
Le chauffage à distance de La Chaux-de-Fonds, c’est 200 km de conduites sous nos pieds. « Mais c’est bien plus que cela en réalité », recadre Emmanuel Maître. Le directeur général de Vadec souligne l’importance de la transformation et de la valorisation des déchets dans le système en place : « Notre force a été de transformer un problème urbain – la gestion des déchets – en une solution énergétique qui compte à partir des années 1960. » Le président de la ville Théo Huguenin-Élie est ambitieux et prévoit une couverture de 80 % de la ville d’ici une dizaine d’années. De grands projets comme la nouvelle patinoire des Mélèzes y seront notamment raccordés.
Anecdote numéro 6 : « 15 millions de litres de mazout économisés »
La gestion des déchets est une question devenue centrale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale lorsque le développement industriel a conduit à une explosion des déchets à traiter. « Les décharges à ciel ouvert s’étaient multipliées et il a fallu agir rapidement pour limiter l’incinération sauvage », rappelle Emmanuel Maître. Une première génération d’usines a vu le jour dans les années 1970 à 1980 puis une deuxième génération 20 ans plus tard, surfant sur le rapprochement entre Vadec et Viteos. « Cela a notamment conduit à un élargissement du traitement des déchets sur l’ensemble de l’Arc jurassien grâce à 2 usines : l’une à La Chaux-de-Fonds et l’autre à Colombier. » Grâce à une nouvelle génération d’usine ainsi qu’à leur renouvellement, Vadec agit désormais pour près de 350 000 habitants répartis sur 4 cantons. La nouvelle usine de valorisation thermique des déchets, prévue sur le site actuel de La Chaux-de-Fonds va en ce sens. « Cela permettra à plus de 1000 bâtiments d’en profiter, soit l’équivalent de 15 millions de litres de mazout économisés. » Un « pas vert » supplémentaire vers la neutralité carbone dans les Montagnes.


























