Un fond de musique folklorique, 4 ronds de sciure, un soleil de plomb et des jeunes lutteurs partout. Voilà à quoi ressemblait le théâtre de la fête cantonale de lutte suisse 2026 qui a eu lieu sur la place des Collèges de La Brévine le week-end dernier. Surtout, le public a répondu massivement à l’invitation des organisateurs. Boostée par le soleil, l’affluence a grimpé aussi vite que le thermomètre pour atteindre 1500 à 2000 personnes. Difficile d’être plus précis puisque ce grand spectacle à ciel ouvert était gratuit. Une accessibilité devenue rare pour un tel vecteur d’émotions. Immersion !
« Tout s’est bien déroulé, ça n’aurait pas pu être mieux. Même la pluie a attendu la fin des passes, dimanche, avant de se manifester. » C’est par ces mots empreints de fierté et de satisfaction que le président de l’association cantonale des lutteurs Pascal Thiébaud a tiré un bilan de la 107e fête cantonale de lutte suisse. Il aurait sans problème pu ajouter que cet événement, et plus généralement la lutte, est un spectacle incroyable pour celui qui se donne les moyens de voir derrière les clichés périmés au sujet de cette discipline.
La température monte, les émotions bouillent
Car si la lutte est un spectacle, on est d’accord, c’est d’abord un spectacle vivant et qui forge notre jeunesse. Ici, un « combattant » qui se tient l’épaule, soutenue par une attelle. Un peu plus loin, un autre qui lève les bras en les agitant en guise de triomphe : il vient de faire mordre la poussière à un des favoris de sa catégorie. Le public exulte autour de lui. Le perdant de cette passe jette de la sciure en l’air, énervé par sa performance. Ses parents le consolent. Le maître de cérémonie ne s’y trompe pas au micro : « La température monte et pas uniquement sportivement parlant –, hydratez-vous. On aimerait éviter tout accident lié à la chaleur pour que la fête continue à être belle ! »
« On n’attend pas de toi que tu gagnes… »
Le décorum est planté et la symbolique est parlante : dans la vie comme dans le sport, il faut toujours faire face aux éléments avec courage. C’est justement ce qu’essaie d’expliquer un papa à son garçon, en pleine remise en question après une défaite : « Je perds tout, pourquoi je continue à lutter ? » « Tu luttes car tu apprends des choses. Cela t’apprend aussi à te battre dans la vraie vie. » « Mais je ne veux pas me battre dans la rue. » « Non tu ne comprends pas, je parle de lutter dans le sens de ne pas abandonner après une défaite. Ce n’est pas le résultat le plus important mais ce que tu retires d’une journée de compétition. On n’attend pas de toi que tu gagnes mais que tu apprennes. La lutte offre plusieurs occasions de rebondir. Pourquoi tu ne le montrerais pas dans le prochain combat qui arrive ? » « Ok papa, j’y retourne ! »
Des émotions, en condensé et en accéléré
Cette scène s’est déroulée à l’ombre des ronds de sciure, dans l’intimité d’une famille neuchâteloise. Et elle résume mieux que tout ce que j’aurais pu écrire d’autres l’état d’esprit de ce week-end brévinier. Pour les jeunes, la lutte est une succession d’enseignements et d’étapes à franchir les unes après les autres. Des défaites à surmonter et des victoires à savourer. La lutte, c’est un peu comme la vie mais en condensé et en accéléré. Ce sont des larmes, ce sont des cris, ce sont des joies et ça, c’est tellement beau à voir ! Et même si demain est encore loin, les « petits lutteurs » deviendront grands demain et la lutte aura activement participé à les faire grandir.






























