Le clin d’œil du nouveau nom Phoenix en dit long sur l’histoire de ce lieu, souvent enterré mais jamais mort. Cet hôtel-restaurant (La Croix d’or) construit en 1989 s’était ensuite transformé en cabaret avec un certain succès. Mais son propriétaire Michel Vuarnoz n’a pas eu de chance : « Chacun de mes locataires est reparti en laissant une grosse ardoise derrière lui. » La dernière bataille judiciaire en date l’a empêché de reprendre possession de l’établissement de longues années. C’est enfin chose faite depuis mai 2026 ! Le Phoenix du Locle rêve maintenant d’une nouvelle vie de bar-restaurant.
Lorsque vous entrez dans l’établissement loclois de la rue de la Côte 17, vous sentez instantanément que les murs ont du vécu. Un vécu pas toujours avouable : « J’aime bien cette petite anecdote amusante qui concerne l’aquarium de 6 mètres qui faisait office de bar. Chacun trouvait super amusant de boire l’apéro avec des poissons qui passent sous les verres mais c’est sûrement l’un des secrets les mieux gardés de la ville puisque les hommes n’allaient pas avouer à leurs femmes qu’ils avaient vu ça dans un cabaret », rigole le patron Michel Vuarnoz.
Le Memphis et la Pyramide avaient ouvert le même jour
L’homme est fier « d’avoir été le premier cabaret du Locle et probablement le dernier officiellement en activité (ndlr : il a cessé ses activités il y a une dizaine d’années). Je me rappelle que le Memphis avait ouvert exactement le même jour que le cabaret de la pyramide, le 1er septembre 1989. Il y a des dates qui ne s’oublient pas. » Le Memphis faisait aussi office de dancing et invitait des orchestres en plus de ses numéros de cabaret. « C’était un lieu vivant qui touchait à beaucoup de choses. » Aujourd’hui, tout est à reconstruire. Le Phoenix ne repart pas depuis l’état de cendres mais il cherche à se réinventer : « Depuis la réouverture en mai 2026, c’est un bar-apéritif ouvert de 17 h à 24 h, du mercredi au dimanche. On y propose aussi de la restauration. »
Appel aux musiciens amateurs
Michel Vuarnoz précise immédiatement « qu’il est en possession des autorisations pour ouvrir plus tard. Mais il faut déjà faire revenir du monde » à la rue de la Côte. Pour y arriver, il mise sur un concept mêlant musique et jeux ainsi que la participation des groupes de la région : « Je lance un appel à tous les musiciens amateurs qui cherchent à se produire en live et au chapeau. Je compte aussi sur eux et sur leurs idées pour dynamiser les activités du Phoenix. Côté jeux, une cible de fléchettes a été placée dans un coin tandis qu’un bar trône dans la salle du restaurant. Et puis, il n’y a pas que le bar-aquarium pour créer un effet de surprise, Michel compte aussi avec la piste de pétanque réalisée… sur la terrasse !
Un propriétaire privé de ses murs
« J’ai ajouté des lumières solaires et ça donne vraiment un endroit très agréable le soir. » Tout l’espace extérieur a été refait à neuf. Un rafraîchissement bienvenu pour un lieu dans lequel le propriétaire avait interdiction d’entrer jusqu’à il y a peu. « Il a été fermé durant 5 ans car le dernier gérant-locataire s’est mal comporté et nous étions opposés dans une bataille judiciaire. Le problème, c’est qu’il était encore considéré comme locataire et que cela aurait constitué une violation de domicile si j’étais entré dans mon bâtiment. Malheureusement, il y avait des fuites d’eau et son état général s’est largement détérioré. Il a fallu engager de gros travaux et ce n’est pas encore fini. Du coup, ce qui était censé être ma retraite ne l’est plus et je dois reprendre du service à 72 ans. » Saura-t-il transformer le Phoenix en dernier tour de piste… aux étoiles ?





























