L’exemple voisin de la France insoumise
Pour être honnête avec vous, cette question travaille le citoyen que je suis depuis plusieurs mois. En voyant certains partis politiques helvétiques prendre position sur le conflit Israël-Palestine, je me suis demandé jusqu’où un organe représentant une partie du peuple pouvait se permettre d’aller sur un engagement international sans affaiblir sa mission première qui est d’œuvrer pour les intérêts des Suisses et des Suissesses qui votent pour lui. L’exemple voisin de la France insoumise, très impliquée sur certaines questions internationales qui touchent notamment la communauté musulmane, a fait écho à cette interrogation. Chez nous, dans le Haut, plusieurs personnes ont déjà interpellé notre média à ce sujet. Et récemment, un communiqué de presse des Jeunes POP Neuchâtel est venu renforcer l’intérêt d’une enquête. Ce communiqué explique que 2 militants (dont un de leurs membres) « font face à une amende potentielle de 11 000 francs cumulés » à la suite d’une mobilisation organisée le 5 octobre 2025.
5 octobre 2025 : Un exemple concret de tensions
Il s’agissait « d’une manifestation propalestinenne non autorisée », selon une réaction de la police neuchâteloise datée du lendemain. Le contexte est posé. À partir de là, les versions divergent. Les jeunes popistes évoquent « 5000 francs de frais de justices » qu’ils attribuent à la présence « de 8 policiers (…) si inconséquents qu’ils n’avaient pas réussi à empêcher une voiture de foncer dans la foule, roulant sur le pied d’une manifestante au passage ». La police rectifie quant à elle cette version, soulignant que le cortège des manifestants en direction de la gare de Neuchâtel a entravé le trafic routier : « Des altercations avec des automobilistes ont été constatées, nécessitant l’intervention de la police. » Les 6000 francs restant de l’amende sont attribués aux CFF qui accusent les 2 militants d’émeute, selon les Jeunes POP Neuchâtel. La police neuchâteloise précise que « les participants ont occupés les voies. Le trafic ferroviaire a dû être interrompu pendant près d’une heure pour des raisons de sécurité. »
Prendre position = importer le conflit sur notre sol ?
Cet exemple plante bien le contexte qui entoure notre sujet. Les Jeunes POP Neuchâtel ont fait le choix de placer cette question sur la table et l’assument : « Depuis des décennies, on apprend aux adolescents de notre pays quelles ont été les horreurs des génocides. Comment pouvons-nous rester indifférent·e·s aux images qui nous parviennent de Palestine ? Les Suisse·sse·s, ainsi que de nombreux peuples à travers le monde n’y restent en tous cas pas indifférent·e·s, comme l’ont montré les mobilisations massives dans les rues et dans les universités de Suisse depuis 2023 et même avant. » Ne pourrait-on pas répliquer que vous participez au fait d’importer ce conflit sur notre sol en prenant position ? « Ce n’est pas nous qui importons ce conflit sur notre sol. De nombreuses entreprises suisses profitent de cette situation, aussi bien sur la place financière que dans l’industrie. Nous ne pouvons accepter que la bourgeoisie suisse s’enrichisse grâce au génocide. »
L’ouvrier mal payé et ce qui se passe à 4000 km d’ici
En quoi cela impacte la vie des ouvriers Neuchâtelois ? « Les guerres impérialistes à travers le monde ont des conséquences chez nous. La guerre en Iran conduit à une augmentation des prix des carburants. Nous demandons donc un blocage des prix des carburants. Nous rappelons également que nous nous battons en tout temps aux côtés des travailleur·se·s de la région, par exemple à travers l’initiative cantonale pour plus de droit pour les apprenti·e·s. » L’ouvrier mal payé se sent concerné par ce qui se passe à plus de 4000 km de chez lui ? « Les travailleur·se·s suisses ont les mêmes intérêts que les peuples qui se battent contre l’impérialisme en Palestine, à Cuba ou en Iran. C’est la même classe sociale qui exploite les travailleur·se·s et qui profite de ces guerres pour maintenir ses profits : la bourgeoisie. » Cette question divise clairement la population en 2 camps, 43 % des personnes que nous avons sondées pensent que les partis doivent prendre position sur la question du conflit israélo-palestinien.





























