De 1935 au 14 décembre 2012 à 12 h 30, l’horloge parlante a remis les pendules à l’heure. Derrière cette prouesse technique, l’Observatoire cantonal et toute une équipe ont, depuis 1858, produit une mesure du temps d’une précision remarquable et l’ont mise à disposition de plusieurs secteurs économiques, notamment celui de l’horlogerie.
C’est l’association Automates & Merveilles, proche des milieux horlogers, qui porte cette exposition magistrale multisite consacrée à la mesure du temps qui retrace une activité scientifique cantonale qui a contribué à améliorer la précision des montres et pendules produites ici et ailleurs dans le monde.
La mesure du temps
Au milieu du XIXe siècle, la synchronisation des transports, en particulier celle des trains, impose que les horaires locaux soient remplacés par une heure coordonnée afin d’éviter les collisions et pour respecter les horaires. L’adoption d’une heure de référence nécessite alors de la mesurer avec précision puis de la transmettre efficacement. Parallèlement, l’essor industriel exige une ponctualité stricte et normalisée, transformant le temps en une ressource quantifiable dont dépend notamment la rémunération du travail. En 1858, l’observatoire cantonal de Neuchâtel est fondé et endosse la mission de mesurer le temps en observant la rotation de la Terre par rapport aux astres à l’aide de télescopes. L’heure exacte ainsi produite est ensuite transmise aux horlogers afin de soutenir l’industrie locale.
La tête dans les étoiles
Aujourd’hui encore, l’astronomie et les télescopes continuent de susciter l’intérêt du public. Étoiles filantes, aurores boréales, éclipses ou phénomènes électromagnétiques : l’espace demeure un sujet aussi vaste que mystérieux. Revenant sur l’observation du ciel et la mesure du temps, les 4 lieux d’exposition déploient une grande variété de supports destinés à captiver aussi bien les familles que les spécialistes. Objets, textes, vidéos explicatives et même un chatbot interactif qui permet aux visiteurs d’échanger avec Adolphe Hirsch, premier directeur de l’observatoire de Neuchâtel, en poste de 1858 à 1901.
Musée d’horlogerie du Locle jusqu’au 3 janvier 2027
Julien Gressot, historien et chef de projet, conseille de débuter l’immersion par la visite du musée d’horlogerie du Locle qui met en lumière l’émergence d’une véritable culture de la précision dans les Montagnes neuchâteloises. L’exposition propose une traversée chronologique de l’histoire de la haute précision horlogère et montre comment celle-ci s’est construite autour des défis scientifiques et économiques majeurs. Pour les personnes intéressées à visiter 3 musées et l’observatoire en une journée, notre interlocuteur qui parle par expérience, dit que le défi est tout à fait envisageable.
MIH, La Chaux-de-Fonds, jusqu’au 1 er novembre 2026
Après avoir découvert les bases scientifiques de la mesure du temps au Locle, le visiteur est invité à parcourir les collections du MIH afin d’observer les instruments qui ont permis de mesurer l’heure au fil des siècles. Plusieurs objets originaux utilisés par le personnel de l’observatoire cantonal illustrent concrètement les méthodes employées pour déterminer l’heure exacte. Ce volet de l’exposition donne l’occasion rare de découvrir des machines restées à l’abri des regards depuis la fermeture de l’observatoire en 2007. À ne pas manquer : le chronographe cylindrique conçu par le génial inventeur Matthias Hipp, prêté par le musée de la Specola de Palerme.
Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel jusqu’au 3 janvier 2027
Après la technique dans les Montagnes, direction le littoral. Au MahN, l’exposition À la poursuite du temps, emmène les curieux dans un voyage fascinant depuis les confins de l’univers jusqu’au cœur de la recherche sur les horloges atomiques. La découverte révèle des images spectaculaires du ciel, présente les méthodes utilisées pour mesurer le temps à partir des astres et accorde une place particulière à l’Observatoire de Neuchâtel. L’exposition se distingue aussi par une scénographie soignée et des dispositifs numériques innovants.
Jusqu’au 13 septembre 2026, visite exceptionnelle de l’observatoire
Le public fera la rencontre de l’art et de la science dans ce bâtiment exceptionnel ouvert au public jusqu’à la mi-septembre les mercredis, samedis et dimanches. Témoin d’un riche passé scientifique et technique, cet écrin architectural, est souvent qualifié de joyau de l’Art nouveau en raison de l’intervention de Charles L’Eplattenier et de ses élèves. Haut lieu des savoirs, l’observatoire devrait attirer de nombreux visiteurs. Partiellement rénové, le bâtiment conserve
2 témoins majeurs de ses activités : son célèbre télescope à triple réflecteur de 1912, une structure de 9 mètres de hauteur dont l’optique porte la signature de Carl Zeiss et le sismographe signé Quervain-Piccard. Pour enrichir cette visite éphémère, le sous-sol du bâtiment s’est transformé en scène muséale avec plusieurs horloges atomiques et d’autres objets.






























