Des bottes de foin jusqu’aux scènes combles !

Par Kevin Vaucher

Les Jardins musicaux, c’est l’histoire d’un événement culturel né dans une vieille grange et devenu une référence culturelle. Ce haut lieu du spectacle vivant se décline aujourd’hui sur différentes scènes intérieures et extérieures, tant en ville qu’en pleine nature. Théâtre, musique, opéra et danse se bousculent durant « une quinzaine » du mois d’août aussi rythmée qu’intensive. Une fois n’est pas coutume, cette 29e édition aura lieu du 15 au 30 août et se clôturera avec le grand week-end annuel Fête la Terre qui célèbre la nature, l’agriculture et le terroir. On vous présente les temps forts avec le directeur artistique Valentin Reymond.

15 août : Ouverture à 1607 mètres d’altitude

Contrairement aux autres années, le lancement des Jardins musicaux n’aura pas lieu lors du week-end de Fête la Terre. Mais les 15 et 16 août risquent malgré tout de drainer un fort public avec un double rendez-vous marquant. Le samedi d’abord avec le concert d’un quatuor de percussionnistes qui aura lieu à l’antenne de Chasseral. Non, ce sera même encore mieux, il se déroulera DANS l’antenne de Chasseral ! Si si, c’est possible, vous verrez. Brian Archinal, Severin Rusch, Paulo Amendoeira et Álvaro Ayuso y reprendront une œuvre de John Cage dans cette « bal(l)ade » dont le but est de lier une œuvre à une particularité patrimoniale régionale. « Cela fait 19 ans que nous collaborons avec Chasseral et il nous aura fallu tout ce temps pour arriver jusqu’à son antenne », rigole Valentin Reymond.

16 août :un dimanche au goût de Ricolllllaaaaaa !

Le dimanche sera tout aussi haut en couleur et chantant avec une virée dans « la ferme Ricola » ou Ricolllaaaaa si vous préférez. C’est sur le Twannberg, à la ferme bio du Grueb-
matt que menthe, hysope et bien d’autres plantes aromatiques s’épanouissent dans les pâturages jusqu’à terminer dans les célèbres bonbons Ricola. Cette immersion sensorielle sera magnifiée par un concert « exotique » intitulé Caraïbes. Le tromboniste chaux-de-fonnier Samuel Blaser vous emmènera sur la route du reggae aux côtés d’Alex Wilson (piano), d’Ira Coleman (contrebasse) et de Dion Parson (percussion).

19 août : La 9e symphonie de Beethoven pour hymne

La cérémonie officielle de cette 29e édition aura lieu le mercredi 19 août à la Grange aux concerts. En plus des incontournables discours, « ce moment sera marqué par la présence d’une centaine d’enfants sur scène pour reprendre l’hymne européen (Hymne à la joie) qui sera interprété en allemand. » Pourquoi en allemand ? « Car cet hymne est une ode à l’humanité. Il dit que tous les hommes sont frères, peu importe leur langue ou leur culture. » Et pour rester dans cette veine-là, la soirée sera dédié à La 9e symphonie de Beethoven (dès 20 h). L’orchestre des Jardins musicaux – dirigé par Valentin Reymond – ainsi que l’ensemble La Sestina seront exceptionnellement accompagnés par des voix : Laurence Guillod (soprano), Annina Haug (mezzo-soprano), Paul Kirby (ténor) et Benoît Capt (baryton). « La 9e symphonie est une œuvre capitale dans l’histoire de l’humanité » pousse-t-il, fou d’amour. « Saviez-vous qu’il y a eu plus de 2000 personnes à l’enterrement du compositeur allemand ? Pour Mozart, ils étaient… trois ! »

20 août : Gloire aux fous et aux sarcasmes

En parlant de folie, vous connaissez Ubu ? Non ? Alors ne passez pas à côté du roi Ubu, personnage de théâtre, fou grotesque, inventé dans les années 1890 par Alfred Jarry. « L’année passée, on avait mis à l’honneur les clowns. Cette fois, on rend un hommage satirique à ces fous qui n’hésitent pas à tuer tout le monde pour prendre le pouvoir. Ubu manie avec maestria l’art de décerveler tout le monde. » Toute ressemblance avec des personnages de la politique mondiale actuelle n’est pas forcément fortuite. Prévu à 19 h, le concert sera enregistré et diffusé en direct par la RTS (sur RTS Espace 2 et Play RTS). La soirée débutera avec le Concerto pour piano et orchestre d’harmonie d’Igor Stravinsky avec le magnifique pianiste Roger Muraro et sera suivi par la Musique pour les soupers du roi Ubu, ballet noir en sept parties. Bien sûr, c’est l’Orchestre des Jardins musicaux qui sera aux manettes de cette œuvre de Bernd Alois Zimmermann. Une anecdote sur ce compositeur, Valentin, peut-être ? « Il avait écrit malheureux sont les vivants et bienheureux sont les morts sous une dictature. Le malheureux avait été mobilisé de force dans la Werhmacht en 1940 et il a fini par se suicider… »

22 août : Un quatuor sur qui repose le poids de l’histoire

C’est à l’église d’Engollon que le quatuor Solem (2 violons, violoncelle et alto) se produira avec le poids de l’histoire en toile de fond. Acheté par la commune de Val-de-Ruz à la commune d’Hauterive dans les années 1950, le poids public d’Engollon date du milieu du XIXe siècle. Il permet de mesurer le poids des animaux. Élément discret niché au cœur du hameau, c’est un pan du patrimoine agricole régional, il est l’une des dernières balances publiques encore en fonction, encore utilisée hebdomadairement par les marchands de bétail. Récemment restauré, il permet des pesées allant jusqu’à 8200 kg.

Un événement « puissance 5 »
Les Jardins musicaux doivent leur éclosion à l’ancien conseiller d’État Bernard Soguel et au duo Maryse Fuhrmann et Valentin Reymond. À la fin des années 1990, les deux figures de la culture ont reçu mandat de créer un événement culturel autour de Fête la Terre. C’est de là qu’est né ce festival de musique qui avait d’abord lieu sur 3 jours puis 5 jours et enfin… 15 jours ! « La première édition a eu lieu dans une vieille grange qu’on avait préalablement pris soin de vider de son foin », raconte Valentin Reymond. Devenue trop vétuste et trop étroite, la grange fut remplacée en 2001 par… une autre grange, au potentiel de développement plus important : la fameuse Grange aux concerts. « C’est encore l’un des lieux majeurs de la manifestation qui s’est bien étendue en bientôt 30 ans. »


La dernière qui sonne !
Pour celles et ceux qui auraient manqué la représentation live de l’orchestre des Jardins musicaux sur les musiques du film de Chaplin La ruée vers l’or, vous avez une ultime chance d’y assiter avec cette « der » qui aura lieu à la salle communale de Tavannes, le dimanche 30 août, à 11 h.


On vous conseille aussi de jeter un œil à…

Peer Gynt – 21 août (19 h) : un quintette d’instruments à vent composé de Mathilde Calderini (flûte), Philibert Perrine (hautbois), Amaury Viduvier (clarinette), Nicolas Ramez (cor) et Rafael Angster (basson).

I hate New Music – 21 août (21 h) : Dans ce seul en scène lyrique, la fantastique soprano belge Sarah Defrise s’adresse à celles et ceux qui croient détester la musique moderne, à travers différentes pyrotechnies vocales. « Une artiste hors normes voire complètement timbrée », plaisante gentiment Valentin Reymond

Giselle… – 25 août : « Giselle représente la quintessence du ballet classique, art avec lequel je n’avais pas d’affinité, avant de découvrir l’exceptionnel travail de Samantha van Wissen et François Gremaud, l’un des spectacles les plus réjouissants que j’ai vu », nous dit Valentin Reymond.

Trame – 27 août : Ce spectacle mélange musique et projection grâce à l’association de 3 garçons talentueux, lauréats du Prix Tanner : Nicolas Gurtner, Félix Fivaz et Nathan Jucker. Deux rétroprojecteurs projettent en direct des formes qui s’animent en fonction de la musique proposée par les musiciens.

Couleurs de l’aube – 28 août : Cette coproduction des Jardins musicaux et de la haute école des arts de Berne débouchera sur la présence de… sept pianos sur scène.

Les attentives – 29 août : Lors de cette septième « bal(l)ade » 2026, l’art prend possession d’une ancienne fabrique de pâte de bois, dans un lieu mythique : la cimenterie Vigier de Rondchâtel. L’orchestre des Jardins musicaux sublimera la 14e symphonie de Dmitri Schostakovitch (à 11 h) après la visite spectaculaire de la cimenterie. Ancrée dans la roche qu’elle transforme et creuse depuis 1891, elle est à la recherche constante de technologies en vue d’une neutralité carbone.

Un événement « puissance 5 »
Les Jardins musicaux doivent leur éclosion à l’ancien conseiller d’État Bernard Soguel et au duo Maryse Fuhrmann et Valentin Reymond. À la fin des années 1990, les deux figures de la culture ont reçu mandat de créer un événement culturel autour de Fête la Terre. C’est de là qu’est né ce festival de musique qui avait d’abord lieu sur 3 jours puis 5 jours et enfin… 15 jours ! « La première édition a eu lieu dans une vieille grange qu’on avait préalablement pris soin de vider de son foin », raconte Valentin Reymond. Devenue trop vétuste et trop étroite, la grange fut remplacée en 2001 par… une autre grange, au potentiel de développement plus important : la fameuse Grange aux concerts. « C’est encore l’un des lieux majeurs de la manifestation qui s’est bien étendue en bientôt 30 ans. »


La dernière qui sonne !
Pour celles et ceux qui auraient manqué la représentation live de l’orchestre des Jardins musicaux sur les musiques du film de Chaplin La ruée vers l’or, vous avez une ultime chance d’y assiter avec cette « der » qui aura lieu à la salle communale de Tavannes, le dimanche 30 août, à 11 h.


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Peer Gynt – 21 août (19 h) : un quintette d’instruments à vent composé de Mathilde Calderini (flûte), Philibert Perrine (hautbois), Amaury Viduvier (clarinette), Nicolas Ramez (cor) et Rafael Angster (basson).

I hate New Music – 21 août (21 h) : Dans ce seul en scène lyrique, la fantastique soprano belge Sarah Defrise s’adresse à celles et ceux qui croient détester la musique moderne, à travers différentes pyrotechnies vocales. « Une artiste hors normes voire complètement timbrée », plaisante gentiment Valentin Reymond

Giselle… – 25 août : « Giselle représente la quintessence du ballet classique, art avec lequel je n’avais pas d’affinité, avant de découvrir l’exceptionnel travail de Samantha van Wissen et François Gremaud, l’un des spectacles les plus réjouissants que j’ai vu », nous dit Valentin Reymond.

Trame – 27 août : Ce spectacle mélange musique et projection grâce à l’association de 3 garçons talentueux, lauréats du Prix Tanner : Nicolas Gurtner, Félix Fivaz et Nathan Jucker. Deux rétroprojecteurs projettent en direct des formes qui s’animent en fonction de la musique proposée par les musiciens.

Couleurs de l’aube – 28 août : Cette coproduction des Jardins musicaux et de la haute école des arts de Berne débouchera sur la présence de… sept pianos sur scène.

Les attentives – 29 août : Lors de cette septième « bal(l)ade » 2026, l’art prend possession d’une ancienne fabrique de pâte de bois, dans un lieu mythique : la cimenterie Vigier de Rondchâtel. L’orchestre des Jardins musicaux sublimera la 14e symphonie de Dmitri Schostakovitch (à 11 h) après la visite spectaculaire de la cimenterie. Ancrée dans la roche qu’elle transforme et creuse depuis 1891, elle est à la recherche constante de technologies en vue d’une neutralité carbone.

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