La Plage : plus de 10’000 visiteurs par jour et… en danger de disparition

Comm – kva

La Plage des Six Pompes est déjà finie ! Durant 6 jours, le festival international des arts de la rue est passé par toutes les émotions, à commencer par quelques orages perturbateurs lors des deux premières journées (huit annulations de représentations). Mais le spectacle a ensuite pleinement repris ses droits et c’est lui qui a alors déclenché les émotions sous toutes ses formes. Le public a une nouvelle fois répondu à l’appel avec environ 10’000 visiteurs chaque jour. Les plus de 125 représentations ont parfois débouché sur des records de fréquentation. 

 

Parmi les moments forts de cette édition pour le programmateur et directeur artistique Manu Moser, le spectacle CLAN CABANE, de la Cie La Contrebande (F), spectacle parrainé par Les Ami·es de La Plage, a su marquer les esprits, tant par son énergie que par son chapeau exceptionnel. La bande de copains acrobates-constructeurs a su amuser toute la famille avec ses jeux acrobatiques impressionnants. Autre moment qui a captivé à l’unanimité les spectacteur·trices de La Plage : le spectacle MONSTERSTROKE, de la compagnie chinoise Cho Kairin. La prouesse technique infinie des deux artistes d’une des meilleures écoles de cirque de Chine a rempli toutes ses promesses dans le ciel chaux-de-fonnier. D’autre part, le spectacle éponyme de la compagnie jeune public Little Garden (F), a offert un superbe et doux temps de vie qui a suscité un vif engouement. Et s’est sans compter sur le grand moment de folie instillé par BOUM!, de Ussé Inné (F), où l’utopie collective et populaire a trouvé sa place dans une féconde ferveur de communion totale. Le Festival a également apprécié retrouver l’enceinte de Vadec/Viteos avec une riche programmation sur la semaine sur ce site industriel atypique.

 

Le paradoxe de l’art : un équilibre fragile malgré le succès

Malgré ce beau tableau, La Plage des Six Pompes vit sur un fil en équilibre précaire. Sa survie n’est pas garantie, et se renégocie patiemment, d’année en année. Comme l’a si bien dit la directrice Pauline Bessire, à l’occasion de son discours d’ouverture : « […] la vérité de notre situation est inaudible. Bien que le Festival soit reconnu loin à la ronde, plébiscité, cité en exemple, utilisé à bon ou mauvais escient, peu ici se rendent réellement compte de ce qu’est La Plage. Un festival certes éclatant, mais sous-financé, précarisé, qui épuise. » Elle renchérissait ensuite : « Ne pas savoir si on sera encore là l’année prochaine est un fait. Et puisqu’apparemment le dire en poésie et en métaphore depuis dix ans ne suffit pas, il faut le dire avec des mots simples et directs : La Plage des Six Pompes agonise. Les revenus baissent, nos charges augmentent, nous perdons des lieux de jeu et nous sommes en danger de perdre notre statut d’utilité publique à la fin de l’année. » Il convient donc de se rappeler que « La Plage est une communauté fragile qui se serre les coudes. Un espace libre où l’on grandit, où l’on devient citoyen, où l’on fait ensemble et pour les autres. Ce message fort, adressé aux partenaires, au monde politique et à la population, saura-t-il être entendu ?

Pas de vague pour la nouvelle vague

La Nouvelle Vague, dispositif de soutien à l’émergence, continue de remporter pour sa part l’adhésion du public avec les cinq spectacles proposés, lesquels ont su se réinventer tout au long de la semaine, bénéficiant des retours tant du public que des intervenant·es professionnel·les.

Photo : kva
Photo : kva

Pas de vague pour la nouvelle vague

La Nouvelle Vague, dispositif de soutien à l’émergence, continue de remporter pour sa part l’adhésion du public avec les cinq spectacles proposés, lesquels ont su se réinventer tout au long de la semaine, bénéficiant des retours tant du public que des intervenant·es professionnel·les.

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